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Capricho

Capricho
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C'est une triste histoire que nous conte Jean Cau dans son livre "Vie et mort d'un toro brave".

 

"Nous allons essayer de vous conter une histoire. Elle sera celle d'un toro noble et brave qui s'appelait « Capricho ». En français Capricho veut dire Caprice : c'est un beau nom pour un toro brave et noble."

 

 

"Je vous dirai pourquoi Yvan Dalain et moi-même avons un jour décidé de vous « chanter» avec des photos et des mots l'histoire de « Capricho ». C'est pour cette raison que nous aimons les toros."

 

"Capricho" est né d'un père étalon et d'une mère "brave", tous deux sélectionnés pour "produire" de Toros de combat, (les aficionados sont persuadés que le courage est un caractère héréditaire directement transmiscible chez les Toros)

 


Capricho vit en liberté avec ses frères dans les pâturages de son Andalousie natale.

 

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Jusqu'au jour où il est saisi de force, traîné vers un enclos où on lui brûle la chair au fer rouge sur le flanc puis sur la cuisse.

 

 

C'est ce jour là que le jeune Toro est baptisé "Capricho".

 

 
Plus tard Capricho est remis en liberté et soigné comme un seigneur dans l'attente de la feria où on a déjà programmé sa mise à mort.

 

 

Il est alors progressivement privé de liberté et son espace vital se réduit finalement à un enclos qu'il arpente toute la journée.

 
La suite, tout le monde connait cette mise en scène morbide que les aficionados prétendent ériger au rang d'art:

 

Cris de la foule hystérique, coups de piques, clowns en habit de poisson agitant un chiffon rouge, le sang qui coule et pour clore ce rituel d'un autre âge, la mort pour l'animal qui sera ensuite dépeçé, lui qui avait soi-disant "mérité" d'échapper aux abattoirs.

 

 

 

 


La fin mérite d'être cité:

 

"Et des bouchers, dans la boucherie de la plaza appelée desolladero, te dépècent, défoncent ton crâne, arrachent tes cornes, détachent ta peau à longs coups sifflants de lames minces, accrochent ta dépouille écorchée et s'acharnent... Tu es devenu viande, « Capricho», et ici, dans ces flaques d'excréments, de tripes et de sang, dispersées à grands jets d'eau, fume ta dernière gloire."

 

Et pour conclure, l'auteur parle au nom du toro mort, lui attribuant ainsi des sentiments humains, trop humains, dont l'animal n'a même pas idée.

 

Car non content de le condamner à mort dès sa naissance, on vole au Toro sa parole si tant est qu'un Toro ait besoin de cette infirmité.

 

Je te salue, « Capricho », toro noble et brave.
Je ne verse pas une larme, bien entendu, sur ta mort.
Je ne veux pas, au paradis des toros, t'arracher un sourire.
Je ne veux pas que tu me traites de vieille Anglaise protestante.
J'ai été heureux de te voir combattre et mourir et nul remords, nulle honte ne m'encombre le coeur.
Une vie de liberté en échange d'une mort glorieuse : je connais des chansons - où l'on parle d'hommes - qui célèbrent pareil destin.
Je n'en connais point qui célèbrent les beautés, les gloires et la fin de longues et ruminantes et tristes vies de boeufs.
Certes, si on t'avait donné le choix, « Capricho », peut-être aurais-tu renoncé à la liberté et à la gloire et aurais-tu marché vers les fourrages de l'esclavage, les jougs de l'humiliation et les revolvers perfectionnés des abattoirs.
Mais c'est comme ça, « Capricho », tu n'as pas eu le choix et les hommes ont décidé à ta place que tu vivrais libre et que tu mourrais sanglant de gloire et de soleil.

 

 

 

- As-tu été heureux de vivre « Capricho » ?
- Oui, Jean Cau.
- Malgré le sort qui t'attendait ?
- Malgré le sort qui m'attendait j'ai été heureux.
- Aurais-tu aimé être châtré et devenir boeuf ?
- Oh, non, non...
- Quel sentiment éprouves-tu pour les énormes mansos aux cornes sciées, au pelage jaunâtre, blanchâtre et roussâtre et qui avaient été dressés à la trahison ?
- J'éprouve un terrible mépris. Oui, c'est cela: un mépris sauvage.
- Avoue qu'ils étaient intelligents...
- Pas intelligents : malins. Moi, j'étais intelligent... ou, plutôt, puisque j'étais un toro, je dirai que mon instinct était infiniment plus profond et plus vif que celui des mansos.
- Et lorsque tu es entré dans l'arène, quel sentiment...
- De l'orgueil.
- Mépris, orgueil... Dis donc « Capricho », c'est pas une morale ça... tu vas te faire taper sur les pattes par les intellectuels de gauche.
- N'oublie pas que j'étais un toro, Jean Cau, et pas un homme. Chez vous, c'est pas la même chose ? Y a pas des « mansos » et des « bravos » ?
- C'est pas si simple.
- Oui, oui, je m'en doute.
- Adieu, « Capricho ».
- Adieu, Jean Cau.
- Et merci, hein.
- Je t'en prie... entre aficionados, pas de manières.
- Car tu étais aficionado, « Capricho » ?
- J'ai beaucoup aimé... Je regrette de n'avoir pu assister qu'à une seule corrida: la mienne. Mais j'ai eu l'impression que c'était formidable. Et l'aficion me venait... Comment ont été mes frères ?
- Bien.
- Je suis content pour la famille. Tu continueras d'aller aux toros ?
- Oui.
- Tu as de la chance. Adios, Hombre.
- Adios, toro !

Jean CAU.

 

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Désolé, Jean Cau, tu as beau dire, tu as beau écrire, tu m'as pas fait aimer la corrida !!!

 

 

et voici quelques liens pour te prouver que je suis pas le seul:

 

 

Lien 1  -  Lien 2  - Lien 3  -  Lien 4  -  Lien 5

 

 

 

 

 


 
 
 
 
 
 
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Bonjour,<br />  <br /> <br /> je lis souvent votre blog avec beaucoup d'intérêt. Il m'a inspiré même un article pour mon site où je parle vous et votre travail. Vous pouvez le consulter à http://www.pagesdecrital.com/?p=29 .<br />  <br /> <br /> A bientôt,<br />  <br /> <br />  <br />  <br /> <br /> Ramon Maita<br />  <br /> <br />  
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R
- Oui, je dis une chose bizarre,c'est que les indiens d'avant Colomb étaient, contrairement à tout ce qu'on a pu croire, un peuple étrangement civiliséet qu'ils avaient justement connu une forme de civilisation basée sur le principe exclusif de la cruauté.- Et savez-vous ce que c'est au juste que la cruauté?- La cruauté, c'est d'extirper par le sang et jusqu'au sang dieu, le hasard bestial de l'animalité inconsciente humaine, partout où on peut le rencontrer.(faut que je te dise qui c'est ? mdrrrr)
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