Le 12 septembre 1940, quatre adolescents du Périgord découvrent sur la commune de Montignac le site paléolithique le plus important connu jusqu'alors constitué par un ensemble de fresques rupestres exceptionnelles:
La grotte de LASCAUX.
Le site restera longtemps ouvert au public et en 1955, l'éditeur Albert Skira et le philosophe George Bataille s'interessent à cette découverte et, aidé de deux des anciens adolescents "découvreurs" entreprennent de réaliser un ouvrage de réference sur le sujet, le premier de la série "Les grands siècles de la peinture":
"Lascaux ou la naissance de l'art"
George bataille y developpe l'idée que pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'être qui traçait ces dessins, faisant ainsi oeuvre d'art, nous ressemblait et donnait ainsi le point de départ à "l'humanité accomplie".
"L'homme de Lascaux créa de rien ce monde de l'art, où commence la communication des esprits"
"Jamais nous n'atteignons, avant Lascaux, le reflet de cette vie intérieure, dont l'art - et l'art seul - assume la communication, et dont il est, en sa chaleur, sinon l'expression impérissable, ...du moins la durable survie"
Toujours selon George bataille la naissance de l'art (ou du jeu), attribuée à l'Homo Sapiens, succède en fait à celle de l'outillage (ou du travail), propre à l'Homo Faber. On comprend en effet que l'art suppose l'outil pour créer mais on peut également penser que cette évolution de l'oeuvre utile à l'oeuvre d'art, constitue une manière de protestation de la part sensible de l'homme contre un monde strictement ustensilaire.
D'autre part, la création d'objets durables dut avoir pour conséquence la prise de conscience de la mort pour cet homme qui voyait ses objets lui survivre, et la terreur que cette découverte lui inspira est peut etre à l'origine du caractère transgressif de la création de l'oeuvre d'art, expression de ce sentiment de l'interdit.
On situe actuellement l'âge de la caverne de Lascaux à l'époque du Solutréen, soit il y a 15 à 17 siècles, et l'état exceptionnel de conservation dans lequel on a retrouvé ces peintures relève du miracle.
Mais depuis 1963, suite aux dégradations dues au gaz carbonique dégagé par les trop nombreux visiteurs, le site est fermé.
On peut néanmoins, à quelques centaines de mètres là, visiter une copie incomplète mais fidèle à l'original.
Visite guidée en image:
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Plan de la grotte
La grande salle (ou salle des taureaux): avec La "Licorne" et le Premier taureau.
Le Deuxième et le Troisième taureau.
Le Quatrième taureau,
puis dans le Diverticule axial paroi gauche le Taureau noir
Toujours dans le Diverticule axial paroi gauche, un Cheval galopant et une Vache à tête noire
Au niveau du Diverticule axial, paroi droite, une Vache rouge avec le premier cheval chinois et un Cerf
puis le second et le Troisième cheval chinois
Toujours Au niveau du Diverticule axial, paroi droite, la "Frise des petits chevaux" puis dans la Nef, paroi gauche une Tête de cheval
Toujours dans la Nef un bison et un Cheval
La Grande vache noire et Les deux bisons
dans la Nef, paroi droite la frise des têtes de cerfs
Et enfin au niveau du Puit un Rhinocéros et un Bison éventré à coté d'un homme étendue et d'une perche surmontée d'un oiseau (scène du puit)
à noter, comme le précise Albert Skira, que la photographie des parois de la grotte ne peut rendre ce que l'oeil voit directement, tant les aspérités et le jeu des perspectives rendent les figures mouvantes pour l'observateur.
"Les artistes de la grotte ont tiré un parti prodigieux du relief et des aspérités des parois, tout comme de la perspective des salles"