
Auroch
Aurochs Bos primigenius
Bos taurus primigenius
L'aurochs (ou auroch) est un bovidé, ancêtre des races actuelles de bovins domestiques, et appartenant au genre Bos.
Son nom scientifique est Bos primigenius mais, selon les auteurs, il peut être considéré comme une sous-espèce (Bos taurus primigenius) des bovins de l'espèce Bos taurus.
Il est également désigné parfois par les noms d'urus ou ure ; ces appellations étant toutefois considérées comme anciennes, elles sont surtout utilisées dans les mots croisés.

Le mot est attesté en français pour la première fois en 1414 sous la forme ourofl au sens de « bœuf sauvage », puis en 1611 sous la forme aurox.
C'est seulement vers 1752 que l'on trouve l'orthographe actuelle.

L'aurochs serait apparu en Inde au Pléistocène inférieur, il y a environ deux millions d'années.
Il serait probablement issu de Bos platifrons ou de Bos acutifrons. Il aurait ensuite migré vers le Moyen-Orient et le reste de l'Asie pour gagner l'Europe au Pléistocène moyen.
Beaucoup d'auteurs distinguent trois sous-espèces, largement répandues à travers l'ancien monde :
les aurochs européens et moyen-orientaux (Bos primigenius primigenius) ;
les aurochs asiatiques ou indiens (Bos primigenius namadicus) ;
les aurochs nord-africains (Bos primigenius africanus = Bos primigenius opisthonomous = Bos primigenius mauretanicus) ».

Il existe des formes régionales mal connues, et il est possible qu'il ait existé des sous-espèces non décrites.
L'aurochs de Sicile avait ainsi une taille inférieure de 20 % aux aurochs continentaux.
L'aurochs a été chassé par les groupes de Néandertaliens, comme l'attestent les découvertes archéologiques réalisées dans les sites tels que Biache-Saint-Vaast ou La Borde.
Ce dernier a livré de nombreux restes d'aurochs, correspondant au minimum à 40 individus.
Il est interprété comme un lieu de chasse et d'abattage mettant à profit un piège naturel vers lequel des troupeaux étaient rabattus.
L'aurochs a ensuite très fréquemment été représenté dans l'art pariétal du Paléolithique supérieur, notamment à Lascaux ou Font-de-Gaume.

Auroch bronze de Sergey Bondarenko
« Une troisième espèce porte le nom d’urus. La taille de ces animaux est un peu moindre que celle des éléphants ; leur couleur et leur forme les font ressembler au taureau.
Leur force et leur vélocité sont également remarquables ; rien de ce qu'ils aperçoivent, hommes ou bêtes, ne leur échappe.
On les tue, en les prenant dans des fosses disposées avec soin.
Ce genre de chasse est pour les jeunes gens un exercice qui les endurcit à la fatigue ; ceux qui ont tué le plus de ces urus en apportent les cornes en public, comme trophée, et reçoivent de grands éloges.
On ne peut les apprivoiser, même dans le jeune âge.
La grandeur, la forme et l'espèce de leurs cornes diffèrent beaucoup de celles de nos bœufs.
On les recherche avidement, on les garnit d'argent sur les bords, et elles servent de coupes dans les festins solennels. »

Auroch Minoen
Après avoir disparu des autres régions du monde, l'aurochs semble être resté relativement abondant dans les grands massifs forestiers d'Europe, relique de la forêt préhistorique ou regain sur des terres défrichées puis abandonnées au moment des grandes invasions ou des pestes, jusqu'au Moyen Âge, date à laquelle quelques mesures de protection sont prises (interdiction de chasse, garderie..), afin de protéger un gibier de choix pour la noblesse.

Monument dédié au dernier Auroch
L'aurochs était l'unique symbole de la Principauté de Moldavie (roumain : bour du latin bubalus), et est représenté sur le blason de la Roumanie et de la République de Moldavie.
Ces mesures restreintes sont restées de peu d'effets ; le dernier aurochs sauvage et libre connu a été tué dans la forêt de Jaktorów, en Pologne, en 1627.