Taurokathapsie
ou Saut au-dessus du taureau
ou encore Voltige avec taureau
L'historien Gustave Glotz, contemporain d'Arthur John Evans, le fouilleur de Knossos, décrit ainsi les différentes phases de la « danse avec le taureau, attestée par de nombreuses peintures et par les vases crétois
« Rien ne valait, pour [les anciens Crétois], les courses de taureaux. L'animal sacré avait sa place marquée de temps immémorial dans les fêtes, et les jeux où il paraissait étaient devenus une institution nationale [...]. [Dans les peintures crétoises] ce sont des acrobates que nous avons sous les yeux, et qui portent la plupart du temps le costume des gymnastes, pagne court et bottines hautes. Ils ont besoin de bravoure, certes, et de force pour défier la fureur et s'accrocher aux cornes d'un taureau plus gros d'un tiers que le boeuf d'aujourd'hui ; mais, plus encore, il leur faut de l'agilité, du sang-froid [...].

Sauteur de taureau minoen en bronze du British Museum
D'après les monuments figurés, on peut se représenter les mouvements du toréador.
Face au taureau lancé, au moment même où la bête charge tête basse, il fait un brusque écart et, revenant d'un bond, saisit une corne.
La bête, pour se débarrasser, relève la tête : elle soulève ainsi son adversaire [...]. [Alors le toréador] se renverse sur le mufle :les jambes en l'air, les bras allongés, il attend le moment où le taureau le secouera en arrière et lui donnera l'élan pour faire le saut périlleux et retomber sur les pieds par un vigoureux coup de reins.

Voltige contemporaine
Le Saut de Course landaise
De nos jours on peut encore voir des voltiges avec taureaux dans le Sud-Ouest de la France ou cette tradition est connue en tant que Course Landaise (bien que ce sport périlleux est maintenant fait avec des jeunes vaches au lieu de taureaux). Mont-de-Marsan, Nogaro et Castelnau-d'Auzan en Gascogne sont bien connus pour leurs sauteurs et écarteurs.
La Course de Recortadores
C'est une tradition semblable mais bien plus dangereuse du « saut au-dessus du taureau ».
Cette version non-violente de la course est pratiquée dans quelques régions de l'Espagne.
Les exécutants sont connus sous le nom de recortes. Les athlètes se concurrencent pour esquiver et sauter au-dessus de taureaux sans l’utilisation de cape ou d'épée.
Certains recortes utilisent une longue perche. Ils sautent à la perche par dessus l'animal lors de son attaque.
Ces taureaux sont bien plus grands que le type de vachettes employées lors de la Course landaise.
Les animaux ne sont pas entravés par des cordes de guidage ou des dispositifs de sécurité semblables.
Remarque pour les aficionados:
Comme quoi on peut maintenir vivante une tradition séculaire sans pour autant faire acte de cruauté avec mise à mort du taureau.
