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Heraclite d'Ephese

Heraclite d'Ephese
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Heraclite par Hendrik Ter Brugghen, par l'École d'Athènes de Raphaël (1509) et par José de Ribera

Heraclite d'Ephese

HERACLITE

 

 

 

HÉRACLITE, Né à Ephèse, vers 576 av. J.-C., mort vers 480 av. J.-C. est un philosophe grec présocratique.

 

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On le surnomma l'Obscur. Il se rattache aux philosophes ioniens.

Le feu est, pour lui, l'élément fondamental, la matière vivante. « Le feu devient mer, et, de la mer, une moitié devient terre, une moitié nuée ardente. »
 

Tout s'écoule : « On ne se baigne pas deux fois dans l'eau du même fleuve. » C'est le devenir des choses, qui obsède Héraclite.
 

Tout devient tout, et chaque chose porte en elle-même ce qui la nie ; d'où l'identité des contraires.

Héraclite se méfie de l'expérience des sens : « mauvais témoins sont pour les hommes les yeux et les oreilles lorsque les âmes sont barbares. »
 

Il dit encore « La nature aime se cacher. » Les quelques fragments qui nous sont parvenus de son livre en prose "De la nature" confirment le jugement d'obscurité que les Anciens portaient sur lui.

« Le Maître dont l'oracle est à Delphes ne décèle ni ne cèle il fait signe. »
 

La sagesse est de se conformer à l'ordre du monde. « Si tous les êtres devenaient fumée, les narines les reconnaîtraient. »
 

La philosophie d'Héraclite a eu une portée considérable sur toute la philosophie grecque.

 

« La philosophie d'Héraclite se présente à nous avec l'aspect majestueux des ruines, mais les ruines ne sont pas seulement les tristes restes d'un édifice que le temps a détruit, elles sont aussi et surtout ce qui défie le temps et le voit passer, comme le spectateur demeurant sur la rive regarde les eaux du fleuve qui s'écoule. [...]

 

 

Philosophie du combat et de l'harmonie, philosophie du Devenir et de l'Éternel Retour, philosophie de la vie et de la catastrophe, philosophie du Logos qui parle et du chiffre scellé, la pensée d'Héraclite, à la fois très ancienne et actuelle, contient en elle davantage que ce qu'elle circonscrit. C'est qu'elle est, à sa manière, une philosophie de la limite et du seuil qui nous fait accéder à ce devant quoi elle s'arrête. »

 

(Jean Brun, Héraclite ou le philosophe de l'éternel retour)

 

 

" On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve "

Heraclite d'Ephese
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Citation de Nietzsche:

 

« En ceci que je considère le monde comme un jeu divin par-delà le bien et le mal, j'ai pour précurseurs la philosophie de Vedanta et Héraclite. »

(Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra)

 

Heraclite d'Ephese

Extrait dela revue "ACEPHALE"

 


Ce portrait d'Héraclite est extrait de « La philosophie à l'époque tragique de la Grèce », l'un des premiers ouvrages de Nietzsche, écrit en 1873, mais publié après sa mort (il n'a pas été traduit en français).
 

Parce qu'Héraclite a vu la loi dans le combat des éléments multiples, dans le feu le jeu innocent de l'univers, il devait apparaître à Nietzsche comme son double, comme un être dont il a été lui-même une ombre.
 

Si Héraclite a " levé le rideau sur le plus grand de tous les spectacles " - le jeu du temps destructeur - il s'agit du spectacle même qui est devenu la contemplation et la passion de Nietzsche, au cours duquel devait lui apparaître la vision chargée d'effroi de l'éternel retour.
« Chaque instant n'existe que dans la mesure où il a exterminé l'instant présent, son père. ».
« L'inconstance totale de tout réel est une représentation terrible et bouleversante : son action est analogue à l'impression de celui qui dans un tremblement de terre perd confiance en la terre ferme ».

 

Le plus grand de tous les spectacles, la plus grande de toutes les fêtes est la mort de Dieu. a Est-ce que nous ne tombons pas sans cesse ? en arrière ? de côté, en avant, de tous les côtés ? »

 

Ainsi criera plus tard Nietzsche quand il éprouvera le ravissement qu'il a appelé la « mort de Dieu » (Gai Savoir, § 125).
 

Loin au delà des casernes fascistes...

 

 

 

Héraclite était fier : et quand un philosophe en arrive à la fierté, c'est une grande fierté. Son action ne le porte jamais à rechercher un « public », l'applaudissement des masses ou le choeur adulateur des contemporains.
 

S'en aller solitaire par les rues appartient à la nature du philosophe.
 

Ses dons sont des plus rares, et dans un sens, contre-nature, exclusifs et hostiles même à l'égard des dons semblables.
 

Le mur de la satisfaction de soi-même doit être de diamant, pour ne pas rompre ni se briser, car tout est en mouvement contre lui.
 

Son voyage vers l'immortalité est plus semé d'obstacles et d'entraves qu'aucun autre; et pourtant nul ne peut croire plus sûrement que le philosophe qu'il arrivera au but par cette voie - il ne saurait où se tenir sinon sur les ailes déployées de tous les temps; la non-considération des choses présentes et instantanées composant l'essence de la grande nature philosophique.
 

Lui a la vérité : libre à la roue du temps de tourner dans l'un ou l'autre sens : jamais elle n'échappera à la vérité.
 

Il importe d'apprendre que de pareils hommes ont vécu une fois.
 

Jamais l'on n'oserait imaginer la fierté d'Héraclite comme une possibilité oiseuse.
 

Tout effort vers la connaissance paraît, de par sa nature, éternellement insatisfait et insatisfaisant.
 

Aussi nul ne voudra croire s'il n'est renseigné par l'histoire, à la réalité d'une opinion de soi aussi royale que celle que confère la conviction d'être l'unique et heureux prétendant de la Vérité.
 

De pareils hommes vivent dans leur propre système solaire : c'est là qu'il faut aller les trouver.
 

Un Pythagore, un Empédocle, traitaient leur propre personne avec une surhumaine estime, avec une crainte quasi religieuse; mais le lien de la compassion noué à la grande conviction de la migration des âmes et de l'unité de tout ce qui est vivant, les ramenait aux autres hommes, pour le salut de ces derniers.
 

Quant au sentiment de solitude dont était pénétré l'ermite éphésien du temple d'Artemis, on n'en saurait éprouver quelque chose qu'au milieu des sites alpestres les plus désolés.
 

Nul sentiment de toute puissante pitié, nul désir de venir en aide, de guérir ou de sauver n'émane de lui.
 

C'est un astre sans atmosphère. Son oeil, dont l'ardeur est toute dirigée vers l'intérieur, n'a qu'un regard éteint et glacial, et comme de pure apparence, pour le dehors.
 

Tout autour de lui les vagues de la folie et de la perversité battent la forteresse de sa fierté : il s'en détourne avec dégoût. Mais de leur côté les hommes au ceeur sensible évitent une pareille larve comme coulée de bronze; dans un sanctuaire reculé, parmi les images des dieux, à l'ombre d'une architecture froide, calme et ineffable, l'existence d'un pareil être se conçoit encore.
 

Parmi les hommes, Héraclite, en tant qu'homme, était inconcevable; et s'il est vrai qu'on a pu le voir observant attentivement le jeu d'enfants bruyants, il est vrai aussi que ce faisant il a songé à quelque chose à quoi nul homme ne songe en pareil cas : au jeu du grand enfant universel, Zeus.
 

Il n'avait point besoin des autres hommes, pas même pour ses connaissances; il ne tenait point à leur poser toutes les questions que l'on peut leur poser, ni celles que les sages s'étaient efforcés de poser avant lui.
 

Il parlait avec mépris de ces hommes interrogateurs, accumulateurs, bref, de ces hommes « historiques ». « C'est moi-même que je cherchais et explorais », disait-il en se servant d'un terme qui définit l'approfondissement d'un oracle : tout comme s'il eût été le véritable et l'unique exécuteur de la sentence delphique : « Connais-toi toimême! »
 

Quant à ce qu'il percevait dans cet oracle, il le tenait pour la sagesse immortelle et éternellement digne d'interprétation, d'un effet illimité dans le lointain avenir, à l'exemple des discours prophétiques de la Sibylle.
 

Il y en a suffisamment pour l'humanité la plus tard venue : pourvu qu'elle veuille seulement interpréter comme une sentence d'oracle ce que lui « n'exprime ni ne cache » tel le dieu delphique.

 

Et encore qu'il l'annonce « sans sourire, sans ornement ni parfum » mais bien plutôt avec « une bouche écumante », il faut que cela parvienne jusqu'aux millénaires de l'avenir.
 

Car le monde a éternellement besoin de la vérité, il a donc éternellement besoin d'Héraclite : quoiqu'Héraclite n'en ait point besoin lui-même.

 

Que lui importe sa gloire?
La gloire chez « les mortels qui sans cesse s'écoulent! » s'est-il écrié avec ironie. Sa gloire intéresse sans doute les humains, elle ne l'intéresse pas luimême; l'immortalité des humains a besoin de lui, et non pas lui-même de l'immortalité de l'homme Héraclite.

 

Ce qu'il a vu, la doctrine de la loi dans le devenir et du jeu dans la nécessité, doit dès maintenant être vu éternellement : il a levé le rideau sur le plus grand de tous les spectacles.

 

 

 

 

Friedrich Nietzsche

Heraclite d'Ephese

 

Héraclite par Johannes Moreelse vers 1630

Heraclite d'Ephese

HÉRACLITE D'ÉPHÈSE

FRAGMENTS

 

1. Quant au logos, ce logos éternellement réel, les hommes à ce sujet sont sans compréhension tant qu'on ne leur en a pas parlé et quand on commence à leur en parler. Alors que toutes choses se produisent conformément au logos, on croirait qu'ils n'en ont pas fait l'expérience. Alors qu'ils ont en fait l'expérience de paroles et de faits analogues à ceux que je décris en distinguant chaque chose selon sa nature, et en expliquant comment elle est. Les autres hommes ne savent pas ce qu'ils font étant éveillés, de même qu'ils ne savent plus ce qu'ils ont fait [en rêve] dans leur sommeil.
 

2. …C'est pourquoi il faut s'attacher au commun. Car le commun unit. Mais lorsque le logos est commun aux êtres vivants, la plupart s’approprient leur pensée comme une chose personnelle.
 

3. (Le soleil a) la grandeur d'un pied humain.
 

4. Si la félicité résidait dans les plaisirs du corps, nous dirions que les bœufs ont la félicité quand ils trouvent du foin à brouter.
 

5. Vainement les hommes souillés de sang par le sang se purifient; comme si quelqu'un qui est tombé dans la boue se lavait avec de la boue. Si on voyait un homme agir ainsi on le croirait fou. Et ils prient les images des dieux, comme si on s'entretenait avec une maison. Ils ne savent pas ce que sont les dieux et les héros.
 

6. Le soleil est nouveau chaque jour.
 

7. Si tous les êtres devenaient fumée, les narines les discerneraient.
8. Ce qui s'oppose coopère, et de ce qui diverge procède la plus belle harmonie, et la lutte engendre toutes choses.
9. Un âne choisirait des chardons plutôt que de l'or.

 

10. Unis sont tout et non tout, convergent et divergent, consonant et dissonant ; de toutes choses procède l’un et de l'un toutes choses.
 

11. Tout ce qui rampe reçoit sa part de coups.
 

12. Pour ceux qui entrent dans les mêmes fleuves, autres et toujours autres sont les eaux qui s'écoulent ; et les âmes à partir des liquides s'en vont en vapeurs (chaudes et sèches).[Zénon nomme l'âme une exhalaison (chaude et sèche) sensible.]
 

13. Trouver son plaisir dans l'ordure.
 

15. Si ce n'était pas pour Dionysos qu'ils font la procession et chantent l'hymne du phallus, ce seraient des actions de la dernière impudence. C'est un seul et même être que Hadès et Dionysos, pour qui ils délirent et font les bacchants.
 

16. [La clarté] qui ne se couche pas, comment lui échapperait-on ?
 

18. Si on n'espère pas, on ne trouvera pas l'inespéré; car on ne peut le chercher, il n'est pas de voie vers lui.
 

21. Tout ce que nous voyons éveillés est mort, tout ce que nous voyons endormis est sommeil.
 

22. Ceux qui cherchent de l'or retournent beaucoup de terre et trouvent peu.
 

23. Si ces choses [les crimes] n'étaient pas, ils ne reconnaîtraient pas le nom de la Justice.
 

24. Les dieux et les hommes honorent les morts de la guerre.
 

25. Les plus grands malheurs (moros) obtiennent les plus grands partages.
 

26. L'homme dans la nuit touche une lumière, étant mort pour lui-même et vivant. Endormi, il touche ce qui est mort, ayant éteint sa vue. Éveillé, il touche ce qui est endormi.[Proportion.]
 

27. Ce qui attend les hommes morts, c'est tout autre chose que leur espérance et leur opinion.
 

28. Celui qui est le plus estimé connaît et préserve des apparences. Mais certes la justice s'empare des artisans et des témoins du faux.
 

29. Les meilleurs choisissent un seul bien en échange de tous les autres, la gloire éternelle en échange des choses mortelles. La multitude se rassasie comme des troupeaux.
 

30. Ce monde (cet ordre du monde - cosmos), le même pour tous, aucun des dieux, aucun des hommes ne l'a fait, mais toujours il a été, est et sera, feu toujours vivant, allumé selon la mesure, éteint selon la mesure.
 

31. Les conversions du feu; d'abord la mer, et de la mer, la moitié terre, la moitié ouragan. La mer s'écoule (il s'écoule comme mer) et est mesurée dans (eis) le même logos qu'avant l'apparition de la terre. [La mer est l’apeiron, la matière. Le feu est la semence.]
 

32. Le un, cet unique sage, ne veut pas et en même temps veut être nommé du nom de Zeus.
 

33. La loi, c'est aussi obéir à la volonté de un.
 

34. Entendant sans comprendre, ils sont comme des sourds. Cette parole témoigne à leur sujet, que présents ils sont absents.
 

35. Les philosophes doivent être au courant de beaucoup de choses.
 

36. La mort pour les âmes est devenir eau [cf. les fumées exhalées des eaux, cf. baptême], la mort pou l'eau est devenir terre. De la terre naît l'eau et de l'eau naît l'âme.
 

37. Les porcs se lavent avec le fumier, les oiseaux avec la poussière et la cendre.
 

38. Thalès, le premier astronome.
 

39. A Priène naquit Bias, fils de Teutamos, qui avait plus de valeur (logos) que les autres.
 

40. L'étendue des connaissances n'enseigne pas à avoir l'esprit ; sans quoi elle l'aurait enseigné à Hésiode et Pythagore, et encore à Xénophane et Hécatalos.
 

41. Etre sage consiste en un seul point, qui est savoir que la pensée (gnomè) gouverne toutes choses au moyen de toutes choses.
 

42. Il faut éteindre l’ubris de préférence à l'incendie.
 

44. Le peuple doit défendre la loi comme une muraille.
 

45. On ne peut trouver les limites de l'âme, même en faisant toute la route, tant elle a un logos profond.
 

46. [Il nommait la pensée] le mal sacré.
 

47. Ne pas conjecturer au hasard du plus important.
 

48. Le nom de la flèche est vie, son œuvre est mort.
 

49. Nous entrons et n'entrons pas, nous sommes et ne sommes pas dans les mêmes fleuves.
 

50. Ceux qui ont entendu non moi mais le logos, sont d'accord que la sagesse, c'est : un est tout.
 

51. Ils ne comprennent pas comment ce qui s'oppose s accorde dans une identité. L'harmonie est changement de côté (acte de tourner, va et vient, ), comme pour l'arc et la lyre.
 

52. Le temps est un enfant qui joue au trictrac. Ce royaume est celui d'un enfant.
 

53. La guerre est mère de toutes choses, reine de toutes choses, et elle fait apparaître les uns comme dieux, les autres comme hommes, et elle fait les uns libres et les autres esclaves.
 

54. L'harmonie invisible est plus que l'harmonie manifeste.
 

55. Je fais cas de tout ce qu'on peut voir, entendre, apprendre.
 

57. Hésiode est maître de la plupart des choses. On sait qu'il a su la plupart des choses. Et il ne connaissait pas le jour et la nuit, car ce sont une seule et même chose.
 

58. [Mal et bien sont un.] Les médecins, coupant, brûlant partout, demandent un salaire, qu'ils ne méritent pas de recevoir, ayant fait [les mêmes choses]
 

59. La route du [foulage ?] (la révolution de l’instrument nommé vis dans le foulage, droite et oblique ; car elle monte et en même temps tourne en cercle) droite et oblique est une seule et la même.
 

60. La route qui monte et qui descend est une seule et la même.
 

61. La mer est l'eau la plus pure et la plus souillée, buvable et salutaire pour les poissons, imbuvable et mortelle pour les hommes.
 

62. Les immortels sont des mortels, les mortels sont des immortels, car ils vivent la mort et meurent la vie les uns des autres.
 

63. Ils se lèvent devant l'être qui est là et deviennent gardes vigilants des vivants et des cadavres.
 

64. La foudre gouverne tout. La foudre est le feu éternel, un feu sage et auteur de l’administration du monde.
 

65. [Le feu est] besoin et rassasiement.
 

66. Le feu survenant jugera et saisira toutes choses. [Ailleurs il nomme le feu : celui qui vit éternellement.]
 

67. Dieu est jour et nuit, hiver et été, rassasiement et famine.Il change comme [le feu] qui, quand il est mêlé aux parfums, reçoit un nom selon le plaisir de chacun.
 

67a. [Araignée et toile, âme et corps.]L'araignée au milieu de la toile sent dès qu'une mouche dérange un fil et y court vite, comme regrettant la perfection du fil, ainsi l'âme de l'homme quand une partie du corps est blessée y court, comme ne pouvant supporter la blessure du corps, auquel elle est solidement jointe par la proportion.
 

68. [H. nommait remèdes... quoi ?]
 

69. [Deux espèces de sacrifices, ceux des hommes parfaitement purs et les autres.]
 

70. [Les opinions des hommes :] jeux d'enfants.
 

71. … celui quine savait plus où menait la route.
 

72. Ce logos qui gouverne l'ensemble de toutes choses (tout l'univers), avec lequel ils ont continuellement le plus étroit commerce, ils en sont séparés, et les choses qu'ils rencontrent chaque jour leur paraissent étrangères.
 

73. … il ne faut pas parler et agir comme endormant.
 

74. [Ne pas faire comme les enfants des parents.
 

75. [Ceux qui dorment] sont ouvriers et coopérateurs de ce qui se produit dans le monde.
 

76. Le feu vit la mort de la terre, l'air vit la mort du feu, l'eau vit la mort de l'air, la terre vit la mort de l'eau. La mort du feu est naissance de l'air, la mort de l'air est naissance de l'eau. (Donc air == âme.) La mort de la terre est de naître comme eau, et la mort de l'eau de naître comme air, et de l'air, comme feu, et ainsi de suite.[La série change.]
 

77. Pour les âmes devenir humides est délices ou mort. [Délices, c'est pour elles la chute dans la naissance, le devenir.]Nous vivons leur mort (des âmes) et elles vivent notre mort.
 

78. Le comportement humain n'enferme pas les connaissances ; le divin si.
 

79. L'homme est regardé comme sans raison par rapport à la divinité comme l'enfant (nouveau-né) par rapport à l’homme.
 

80. Il faut savoir que la guerre est liaison, union (ó), que la justice est lutte, que toutes choses se produisent conformément à la lutte.
 

81. [L'art des rhéteurs : ] x àó chef des couteaux (ou épées).
 

82. Le plus beau singe est laid comparé à l'espèce humaine.
 

83. L'homme le plus sage comparé à Dieu est un singe pour la sagesse, la beauté et le reste.
 

85. Lutter contre le cœur est dur. Car tout ce qu'il veut, on l'achète au prix de l'âme (de la vie ?).[i.e. on mourrait pour obtenir ce que le cœur désire. Il est plus pénible de renoncer au désir du cœur qu'à la vie.]
 

86. [La plupart des choses divines] échappent à la connaissance par manque de foi.
 

87. L'homme mou aime à chaque mot être... ?
 

88. C'est une même chose qu'être vivant et mort, éveillé et dormant, jeune et vieux. Ces choses sont changées les unes dans les autres et de nouveau changées.
 

89. Pour ceux qui sont éveillés il n'y a qu'un seul et même monde.
 

90. Le feu est la monnaie de toutes choses et toutes choses sont la monnaie du feu, comme l'or pour les marchandises et les marchandises pour l'or.
 

91. On ne peut pas se baigner deux fois dans le même fleuve. [Toutes choses] se répandent et de nouveau se contractent, s'approchent et s'éloignent.
 

92. La sibylle avec sa bouche insensée.
 

93. Le maître dont l'oracle est à Delphes ne dit pas, ne cache pas, mais signifie.
 

94. Car le soleil ne franchira pas ses mesures. Autrement les Erinyes alliées de la Justice le surprendraient.
 

96. Les cadavres doivent être rejetés plus que la fange.
 

97. Les chiens aboient contre ceux qu'ils ne connaissent pas.
 

100. [Le soleil, comme surveillant et gardien des révolutions de l'année, délimite... et manifeste les changements] et les heures qui apportent toutes choses.
 

101. J'ai été en quête de moi-même.
 

101a. Les yeux sont des témoins plus précis (sûrs) que les oreilles.[Constatation et ouï-dire.]
 

102. Pour Dieu toutes choses sont belles, bonnes et justes. Les hommes conçoivent lesunes comme injustes les autres comme justes.
 

103. L'origine et l'achèvement sont réunis dans la circonférence du cercle.[Spirale, image du progrès intérieur.]
 

104. Quel est leur esprit, leur pensée? Ils obéissent aux incantations des peuples, ils ont pour instructeur la foule, ne sachant pas que la multitude est mauvaise, que les bons sont en petit nombre.
 

105. Homère était astrologue.
 

106. Un seul jour est comme (par) n'importe quel jour.
 

107. Les yeux et les oreilles sont de mauvais témoins pour les hommes qui ont une âme inculte.
 

108. De tous ceux dont j'ai entendu les discours, nul n'est parvenu à ceci, à savoir connaître qu'être sage est être séparé de toutes choses.
 

109. Il vaut mieux cacher son ignorance.
 

110. Il ne serait pas meilleur pour les hommes que tous leurs voeux soient accomplis.
 

111. La maladie fait trouver du plaisir dans la santé, le mal dans le bien, la famine dans l'abondance, l'épuisement dans le repos.
 

112. Etre raisonnable est la plus grande vertu, et la sagesse est de dire la vérité et d'agir conformément à la nature avec attention.
 

113. La raison est commune à tous.
 

114. Ceux qui parlent avec intelligence (ùó), il faut qu'ils se fortifient au moyen de ce qui est commun à [tous] [toutes choses] comme une ville avec la loi, et beaucoup plus fermement. Car toutes les lois humaines se nourrissent d'une seule loi divine. Car elle peut ce qu'elle veut et suffit à toutes choses et triomphe.
 

115. Le logos de l'âme est quelque chose qui s'accroît soi-même.
 

116. Il appartient à tous les hommes d'avoir la connaissance de soi et la sagesse.
 

117. L'homme quand il est ivre est conduit par un enfant tout petit et trébuche et ne fait pas attention où il va, ayant l'âme humide.
 

118. L'âme qui est lumière sèche est la plus sage et la meilleure.
 

119. L'habitude est le génie de l'homme ( à ).
 

120. Les limites de l'aurore et du soir sont l'ourse, et en face de l'ourse [le gardien] [le buffle?] de Zeus éthéré.
 

121. Il était digne des gens d'Ephèse...
 

122. à - marche pour s'approcher ?
 

123. La nature aime à être cachée.
 

124. Ce monde parfaitement beau était comme [des ordures ?] [de l'eau d'égout ?] coulant au hasard [chaos originel].
 

125. Même les boissons mélangées se séparent si on ne les agite pas.125a. [Richesse aveugle - H. aux Éphésiens : ] Que la richesse ne vous abandonne pas pour que vous soyez convaincus de vice.
 

126. Les choses froides s'échauffent, les choses chaudes se refroidissent, l'humide sèche, le sec s'humecte.
 

126a. Selon le logos (ordre) des saisons, le sept est uni quant à la lune, séparé quant aux ourses, (sèmeio, signes de la Mémoire immortelle (comme signa, images de Dieu).
 

127. [Héraclite disait aux Égyptiens :] Si ce sont des dieux, pourquoi chantez-vous sur eux des chants funèbres ? Si vous chantez sur eux des chants funèbres, vous ne les prenez pas pour des dieux.
 

132. Les honneurs tiennent en esclavage les dieux et les hommes.

 

134. L'enseignement est un autre soleil pour ceux qui le reçoivent.
 

136. Les âmes des morts de la guerre sont plus pures que celles des morts de maladie.
 

137. Tout est déterminé par la destinée.

 

 

(référence : Simone WEIL, La Source grecque, Paris, Gallimard, 1953)

 

Heraclite d'Ephese
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T
Merci de la bise. lolRendez-vous clandestin, café Muller... mais en fait, il n'existe que dans la tête de Pina. Mais, puisque l'imagination, a tendance à se propager dangereusement, le café Muller fait maintenant parti de l'imaginaire collectif. Il a donc sa valeur réelle. :)
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T
S'en aller solitaire par les rues appartient à la nature de l'homme...enfin surtout, de l'homme de la ville, qui s'en va solitaire par les rues achalandées. Petit coucou amical.
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<br /> :0010:<br /> <br /> <br />
B
Peut-être le connais-tu déjà, si tu as un moment un jour lis Le poème de Parménide par Jean Beauffret. Un bon petit livre de chevet ...
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M
Je n'ai pas lu le poème de Parmenide mais je connais sa conception de l'être que l'on oppose habituellement à celle du devenir Héraclitéen. Ton commentaire est particulièrement bien vue, ces deux penseurs pré-socratiques constituent je crois le point de départ de toute la philosophie. Je ne manquerait pas de lire ce poème ! 
D
le temps est un enfantà l'enfant la royautépère et roi de toutes chose est la guerremieux vaut un désert de commentaire qu'un désert de site minotaure et fais attention à ariane qui si elle te trouve...!
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