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Les Présocratiques (5)

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Les Présocratiques (5)

 

 

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480-410 av. J.-C.

 


Il fut l'un des sophistes les plus importants et sans doute le chef de file de la Sophistique. Il naquit à Abdère, en Thrace, qui était également la patrie de Démocrite.
 

Dès le début de son enseignement, il ne se limita pas à une seule ville de Grèce, mais se rendit au contraire dans plusieurs villes, où il enseigna à chaque fois.
 

Il étendit même ses activités à la Sicile et au sud de l'Italie, autrefois appelée « Grande Grèce ».
 

Mais sa ville préférée restait Athènes. Il s'y rendit à plusieurs reprises et y vécut pendant des périodes plus ou moins longues. Il créa des liens étroits avec toutes les personnalités importantes de l'époque, telles qu'Euripide, Callias et Périclès, qui en l'an 444 lui confia la rédaction de la constitution de Thourioi, colonie nouvellement formée en Grande Grèce.
 

Mais Périclès allât même jusqu'à lui confier l'éducation de ses enfants. Cela est donc révélateur de l'admiration qu'il vouait à Protagoras. En 410 av. J.-C., son livre intitulé « Sur les Dieux » lui valut d'être accusé d'irrespect et d'athéisme par les conservateurs athéniens. Ses livres furent brûlés dans l'agora, de manière symbolique. Protagoras tenta alors d'aller se réfugier en Sicile, mais il se noya au cours du voyage, lorsque son bateau fit naufrage.
 

Mise à part la recherche purement scientifique, Protagoras se consacra également à la rhétorique, à la grammaire, à la pédagogie et aux mathématiques.
 

De ses oeuvres intitulées « Vérité ou Discours démolisseurs », « Sur la condition primitive de l'homme », « Sur la république », « Sur les dieux », on ne conserve que quelques extraits.
 

Nous possédons cependant des renseignements concernant son enseignement grâce à certains auteurs, tels que Platon, qui lui dédia l'un de ses dialogues intitulé: « Protagoras ».
 

L'idée centrale de la pensée philosophique de Protagoras se résume dans la célèbre phrase tirée du fameux « Théétète » de Platon:

« l'homme est la mesure de toutes choses, de tout ce qui existe et de tout ce qui n'existe pas ».

 

Pour ce qui est de la partie pédagogique de son enseignement, il convient de souligner que le but majeur et objectif de son enseignement était d'éduquer les jeunes et de leur enseigner la vertu.

 

Les Présocratiques (5)

 

 

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483-376 av. J.-C.



Sophiste grec de l'Antiquité qui naquit à Léontinum, en Sicile et mourut à Larissa, en Thessalie. Il était le plus fameux de tous les sophistes de l'Antiquité, après Protagoras. Il s'initia dès son plus jeune âge à la philosophie d'Empédocle et des Eléens, ainsi qu'à la rhétorique, pour laquelle Tisias de Syracuse fut son maître.
 

En 427 av. J.-C. il se rendit à Athènes en tant qu'ambassadeur de sa patrie, afin de demander de l'aide militaire contre les puissants Syracusains. Il était accompagné du rhéteur Tisias. Les deux ambassadeurs se présentèrent dans l'agora d'Athènes, où ils se relayèrent à la tribune et provoquèrent l'admiration de la foule. Jamais jusqu'alors les Athéniens n'avaient entendu des rhéteurs aussi envoûtants.
 

Et le but des deux compagnons fut atteint. Athènes se rangea aux côtés de Léontinum.
 

Il voyagea partout en Grèce et sa réputation fut bientôt immense. Il était très admiré en Béotie et en Thessalie, où il parvint à faire aimer la philosophie à l'élite des Alevades. La légende veut qu'il ait réussi à s'enrichir grâce à la rhétorique.
Gorgias écrivit un traité de philosophie intitulé « Sur le non-être » encore appelé « Sur la Nature », dans lequel il tentait de démontrer 3 choses:

1) rien n'est
2) si c'est, c'est inconnaissable
3) si c'est, et si c'est connaissable, on ne peut le montrer à autrui.

 

Par le biais de réflexions, qui semblent d'ailleurs avoir été dotées de quelques inexactitudes logiques, il tente de soutenir la thèse d'un nihilisme ontologique et scientifique, à savoir, que la réflexion ne peut être identifiée à la créature.
 

Deux traités de rhétorique de Gorgias ont été sauvegardés. Il s'agit d'abord « d'Éloge d'Hélène », dans lequel il s'essaie sur la nature de la parole et de la persuasion; puis de « Apologie de Palamède », où il soutient un homme menteur et fourbe.
 

On dispose également d'un extrait d'une oeuvre ultérieure intitulée « Oraison funèbre » et destinée aux Athéniens qui moururent lors de la bataille du Péloponnèse.
 

Gorgias fut encensé par ses contemporains pour sa générosité, son talent magistral et la beauté de ses paroles. Il est le fondateur de la prose de l'Attique, pour laquelle il disait qu'elle « doit être proche de la poésie », c'est-à-dire qu'elle doit s'orner d'apparats mais sans exagérations et qu'elle doit être rythmée mais pas en rimes.

 

 

 

 

 

 


 

Les Présocratiques (5)

 

 

 

 

Prodicos était citoyen d'Ioulis, ville de l'île de Céos, célèbre par la pureté de ses moeurs et patrie des poètes
lyriques Simonide (556-468) et Bacchylide (autour de 470).

 

Il y naquit entre 465 et 460, ce qui le fait à peu près contemporain de Socrate; la date de sa mort ne nous est pas connue.
 

Il fit de fréquents séjours à Athènes, sa métropole, à titre public et à titre privé.
 

Selon la coutume de ses pareils, il promena ses cours dans diverses villes.
 

Il demandait cinquante drachmes (660 francs-or) pour le cours complet sur la propriété des termes dans le style et une drachme pour les leçons à l'usage du public populaire.
 

On dit qu'il se vantait d'avoir gagné de l'argent à Sparte avec son discours sur Héraclès.
 

Celui qu'il prononça à Athènes devant le Conseil lui valut un grand renom, ainsi que ses conférences sur la jeunesse.
 

Nombre d'Athéniens, des plus connus, lui montrèrent de la considération :
Callias, le maître d'hôtel des sophistes, Aristophane, qui le loue de sa prudence, les musiciens Damôn, Théraménès, comme lui de Céos, Euripide, Isocrate, Thucydide, qui lui doit sa précision, Antisthénès.

 

Socrate dont il était le contemporain, sérieusement ou malicieusement, se déclare, pour la propriété des termes, l'élève de Prodicos.
 

Platon, qui l'a bien connu, le fait figurer ou fait allusion à lui dans plusieurs de ses dialogues : l'Apologie, Protagoras, la République, Ménon, Cratyle, Hippias majeur, Charmide, Euthydème.
 

Platon nous parle de sa complexion maladive, des fourrures et d'une quantité énorme de couvertures dans lesquelles il était emmitouflé, précaution sans doute destinée à conserver la pureté de sa voix grave, dont parfois le bourdonnement remplit la pièce.
 

Il ne met pas Prodicos sur le même plan que Protagoras et Gorgias, mais il le considère comme un des sophistes les moins dangereux et ne lui attribue aucun disciple compromettant.
 

Des renseignements dignes de foi nous manquent sur sa vie et sa conduite privée.
 

De ses écrits nous connaissons l'ouvrage intitulé "Les Heures et les Saisons", "une leçon sur la pureté des mots".
 

Sont perdus un éloge de l'agriculture, une dissertation sur la crainte de la mort, une autre sur la valeur et l'emploi des richesses.
 

Il n'est ni savant, ni philosophe. Il se contente d'être habile dans l'art de parler « savamment » sur beaucoup de sujets.
 

Il s'était fait une spécialité des questions de vocabulaire et de grammaire, part importante de la rhétorique qu'il professait; dans les discussions, il se recommandait par le choix des termes propres.
 

Les fragments que nous possédons nous montrent en Prodicos un défenseur des vieilles moeurs, fidèle à la tradition morale des gnomiques et ne démentant pas la bonne tradition des habitants de Céos, sa patrie.
 

Parmi les sophistes de la première génération, il est un de ceux qui ne choquèrent en rien l'opinion contemporaine et eurent sur la vertu, telle que la concevaient les Grecs de son époque, les idées admises par tous.

 

Les Présocratiques (5)

Sources : Papadogeorgos Georgos « Hommes illustres de la Grèce Antique », "Les penseurs grecs de Thalès de Milet à Prodicos" traduction, introduction et notes par Jean Voilquin + Wikipedia.

Les Présocratiques (5)

 


Ce serait se condamner à ne rien comprendre aux Présocratiques que d'interpréter leur cosmologie comme les théories scientifiques de l'Occident contemporain, et selon l'esprit naturaliste qui apparaît déjà dans l'oeuvre d'un Lucrèce.


Les « philosophes de la nature » mériteraient d'être considérés autrement qu'ils ne l'ont été d'ordinaire jusqu'à ce jour par tant de leurs commentateurs, plus ou moins dépendants des influences positivistes du XIXè siècle.


Les uns, déplorant en ces systèmes la présence persistante d'un élément métaphysique, trouvent plus commode de le confondre avec le simple vestige d'un panthéisme ou d'un hylozoïsme religieux ;


les autres sont à ce point imprégnés de préjugés matérialistes qu'ils ne voient dans toutes ces anciennes données que les premiers tâtonnements de l'esprit scientifique.


Presque tous, seulement sensibles aux côtés les plus extérieurs, soit expérimentaux et inventifs, du Présocratisme, considèrent ses représentants comme uniquement intéressés par la recherche des causes mécanistes de l'univers et par l'explication des phénomènes célestes et météorologiques.


On ne saurait mieux s'y prendre pour réduire à néant l'intérêt des Présocratiques.

(Un certain nombre de scientifiques, cependant, dont les physiciens quantiques, portent sur les Présocratiques un regard différent).


Les erreurs matérialistes ne se produiraient pas si, avant même d'étudier la physique des VIè et Vè siècles en y projetant la mentalité moderne, on s'attachait davantage d'abord à définir comme il convient le sens du mot Physis, communément employé par les anciens Grecs.


Physis désigne en premier le processus de croissance et d'émergence des choses sensibles ;ensuite, l'origine même, la réalité permanente et fondamentale dont ces choses procèdent. Physis traduit en même temps l'idée du « devenir » de la Nature, et la notion des « principes » immuables qui la font devenir.


Il est tout à fait juste, en ce sens, de la considérer non seulement sous l'aspect de ses modifications et déterminations, mais encore, comme substance primordiale », ainsi que certains l'ont appelée.


C'est dire qu'à ce compte, la manifestation subtile n'est pas moins physique que la manifestation grossière : domaine du devenir, la Nature est identique à la manifestation universelle tout entière;


et c'est sous ce double rapport que les anciens cosmologues l'ont considérée.

 

Il serait bien difficile de trouver chez eux l'opposition cartésienne de l'« esprit » et de la « matière » :


Remarquons que le grec ne possède pas de mot traduisant la notion de « matière » dans son sens actuel.


Pour les grecs, la substance universelle est tout autre chose que la matière, qui n'en est tout au plus qu'une détermination restrictive et specialisée.


La notion même de matière, telle qu'elle s'est constituée chez les occidentaux modernes n'existait pas chez les Grecs.


Ce qui importait aux Présocratiques, c'était non seulement de retrouver le commencement, mais le fond éternel et la conscience des choses; ce qu'il y a d'immuable en leur flux incessant; ce que d'aucuns, comme Héraclite, ont nommé le Théion, le Divin, d'où surgissent les mondes ou comme Anaximandre, l'Apeïron, cause première envisagée dans son non-devenir et sa non-infinitude.


Là où ils pouvaient diverger c'était sur la priorité des Éléments:


pour Thalès, l'Eau


pour Anaximandre, l'Apeïron


pour Anaximène, l'Air


pour Héraclite, le Feu, le Logos


pour Parménide, l'Être un et permanent, par rapport auquel le monde est apparence


pour Pythagore, le Nombre.

 

Encore ces différences de priorités peuvent-elles être moins considérées comme des oppositions que comme des angles de vue différents.

 

***


La pensée des présocratique a cette particularité de n'avoir pas encore séparé la matière de l'esprit, évitant ainsi les pièges d'une conception dualiste.

Ce n'est qu'avec Platon et Socrate que l'âme se séparera du corps et que l'esprit se dissociera de la matière.

Mais l'évolution de la pensée et les progrès de la connaissance rationnelle n'empêchera pas de nous poser les même questions que les anciens, sous une autre forme, telle cette interrogation sur la nature de la matière par Benjamin Hileyn:

 

 

« Posons-nous la question: « Où est la « substance » de la matière? Est-elle dans l'atome? La réponse est clairement « non ». Les atomes sont faits de protons, de neutrons et d'électrons. Est-elle donc dans les protons et les neutrons? Encore une fois, « non », parce que ces particules sont constituées de quarks et de gluons. Est-elle dans le quark? On peut toujours espérer qu'elle l'est, mais mon sentiment est que l'on montrera que ces entités sont composées de "préons", un mot qui a déjà utilisé à cet égard. Mais nous n'avons pas à continuer plus loin pour voir qu'il n'y a pas d'ultimon. Un quark et un antiquark peuvent s'annihiler mutuellement pour produire des photons (de l'énergie électromagnétique) et le photon n'est pas vraiment ce dont nous avons besoin pour expliquer la solidité de la matière macroscopique de cette table. Ainsi, nous voyons que la tentative d'attribuer la stabilité de la table à quelque entité ultime "solide" est erronée. »

 

 

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