Par Minotaure
Le 2 juillet 1789 usant comme d'un porte-voix du long entonnoir de fer-blanc qui lui servait à vider ses eaux sales dans le fossé, le comte de Sade "s'est mis à sa fenêtre, et a crié de toute ses forces, et a été entendu de tout le voisinage et des passants, qu'on égorgeait, qu'on assassinait les prisonniers de la bastille, et qu'il fallait venir à leur secours. Il a récidivé ses cris et ses plaintes bruyants "...
/http%3A%2F%2Fahp.li%2Fd7a74e94a5e44b7a4fe4.jpg)
La lettre du gouverneur De Launay au ministre qui rapporte le lendemain ces circonstances, ajoute:
" Ce serait le moment de nous soulager de cet être que rien ne peut rèduire... "
Enlevé de la forteresse dans la nuit du 3 au 4 juillet, M de Sade ne sera pas témoin direct, le 14 d'un évènement qu'il avait provoqué plus que tout autre.
Placé à l'Hospice de Charenton, il n'en sortira que le 2 avril 1790, "ex-comte".
Encore hésitante, la Révolution n'en est pas moins en route.
/http%3A%2F%2Fahp.li%2F1770d03a243bbb9ba332.jpg)
" Le quatre juillet, à l'occasion d'un peu de train que je fis à la Bastille pour des mécontentements que l'on m'y donnait,
le gouverneur se plaignit au ministre. J'échauffais, disait-on, par ma fenêtre, l'esprit du peuple, je l'assemblais sous cette fenêtre, je l'avertissais des préparatifs qui se faisaient à la Bastille, je l'exhortais à venir jeter bas ce monument d'horreur... Tout cela était vrai. L'on me fit transférer au couvent des Frères de la Charité de Charenton, où ces scélérats de Montreuil eurent la cruauté de me laisser languir neuf mois au milieu des fois et des épileptiques à qui seule est consacrée cette maison. "
(Lettre de Sade à Gaufridy un an plus tard.)
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog



