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Mort parce que bête

Mort parce que bête
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On connait la fin de la vie de Friedrich Nietzsche, l'effondrement suivi des onze années de maladie.


Le 3 janvier 1889, sur la place Carlo Alberto, à Turin, Nietzsche embrasse un cheval de fiacre qu'un cocher vient de frapper puis tombe sans connaissance.


Les jours suivants, il rédige les "billets de la folie" adressés à des amis ou à des inconnus où il signe le plus souvent " Dionysos " ou " Le Crucifié ".

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A COSIMA WAGNER à Bayreuth 

Turin le 3 janvier 1889

 

Mort parce que bête

A COSIMA WAGNER à Bayreuth 

Turin le 3 janvier 1889

 

Mort parce que bête
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A FRANZ OVERBECK à Bâle

(Turin, autour du 4 janvier 1889)

 

Mort parce que bête

AU CARDINAL MARIANI à Rome

(Turin, autour du 4 janvier 1889)

 

Mort parce que bête

A UMBERTO I Roi d'Italie

(Turin, autour du 4 janvier 1889)

 

Mort parce que bête
Mort parce que bête

Nietzsche semble avoir définitivement perdu la raison.

Ramené à Bâle par l'ami Overbeck il est conduit par sa mère à Iéna où la clinique psychiatrique prononce le diagnostic de paralysie générale.

 

Il habitera désormais auprès de sa mère qui le soignera jusqu'à sa propre mort en 1897, puis à Weimar, auprès de sa sœur dans la maison de laquelle il meurt le 25 août 1900.

 

On s'accorde généralement à dire qu'à partir de ce 3 janvier 1889, Nietzsche n'écrit plus du tout et reste plongé dans le mutisme le plus total.

 

Le livre de Johan Gok "Mort parce que bête", recueil des "notes de la maladie" nous apprend le contraire:
 

INTRODUCTIONS AUX NOTES DE LA « MALADIE ».

Nous restituons les textes de ce que nous avons intitulé "Mort parce que bête" dans le désordre où ils ont été retrouvés.

C'est un corpus mité, lacunaire, fait de trous (de mémoire), mais où le sens jaillit d'entre leurs failles mêmes, riche d'interprétations possibles, car ces phrases arrachées à la mémoire défaillante et à l'épuisement restent imprégnées du logos nietzschéen.

Ces textes retracent d'abord les circonstances - souvent triviales - de la vie de forclusion qui était celle du philosophe à la clinique d'Iéna puis dans la maison familiale de Naumburg.

Mais on y trouve une riche moisson de pensées aux résonances souvent oraculaires ;

dans leur fragmentation, leur inaboutissement, elles prolongent et, souvent, affinent le perspectivisme visionnaire nietzschéen.

Malgré le caractère "problématique" de ces notes d'après l'effondrement, on reconnait néanmoins certains thèmes de sa pensée.

 

Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête
Mort parce que bête

L'état mental de Nietzsche semble avoir été le sujet de maintes interprétations, allant de la folie pure jusqu'àu simulacre prémédité.


Son ami musicien Heinrich Kôselitz Alias Peter Gast à l'époque même de son internement à Iéna écrivait : « Il me faisait l'effet de simuler la folie. »



Quand à Lou Salomé dont le philosophe tomba amoureux, elle avait une théorie selon laquelle « Nietzsche se fabriquait des masques de plus en plus déroutants, jusqu'à ce masque absolu de la folie où pour nous vérité  
et apparence tombent l'une en dehors de l'autre »


 

Mort parce que bête

 

 

" - Voyageur, qui es-tu ? je te vois passer ton chemin et sans amour,

 

le regard indéchiffrable; tu es humide et triste comme une sonde

qui, des profondeurs, est remontée à la lumière, impatiente de

nouvelles plongées.

 que cherchais-tu donc si bas ?

 ta poitrine ne soupire pas, tes lèvres cachent leur dégoût,  ta main ne saisit plus qu'avec lenteur:

qui es-tu ? qu'as-tu fait ? repose toi:

cette place est acceuillante pour chacun, restaure toi !

Qui que tu sois, dis moi ce que tu désires, ce qui peut te restaurer.


Tu n'as qu'à parler: ce que je possède, je te l'offre...



-Me restaurer ? me restaurer ? oh, curieux, que dis-tu là ?
    mais donne-moi je te prie ...


- Quoi donc ? parle ?



- Un masque de plus, un second masque ... "

 

 

(Par delà bien et mal)

 

 
 Lien

 

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A
À ceux qui fantasment les amours de la folie et de la poésie, je conseille la visite des hôpitaux psychiatriques… Les camisoles chimiques, les manques de personnel, les brimades et les violences physiques… Tout ça pour dire que je ne lis nulle part dans votre post que le cher Frédéric souffrait d'un tabès, ce qui explique la durée de sa syphillis et la variété de ses symptômes (C.f http://www.minotaure.biz/article-19370498-6.html#anchorComment)Ceci étant, je viens de découvrir votre blog, et je m'en félicite.Cordialement.
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M
absolument interressant!mais bon...au plus on est tordu dans sa tête au plus on s'enfonce en enfer...citation à la con de moi lolbizzz:0010:
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A
loi des séries... c'est maintenant mon fils qui est aux urgences à l'hosto à Rennes... récidive d'un pneumothorax et sans doute intervention chirurgicale... Vais m'absenter quelques jours...Je fatigue un tout petit peu Serge... ;)T'embrasse
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A
un retour aux sources ?!Quand même, " Ma mémoire s'en va à mesure que mes selles augmentent. Cela fait le compte "  ...du grand Nietzsche :0036:
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C
Un côté poétique évident dans ses dernières pensées. Peut être la découverte d'une vérité à laquelle la raison ne peut accéder? Cela me fait penser à ce que disait Dostoïevsky: "J'ai un projet: devenir fou". Je vais me dépêcher de lire cet ouvrage... encore un! Merci pour la référence Serge.
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