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Au Hasard

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Hasard

 


Ce mot, entré en français dès le XIIème siècle, nous a été transmis par l'espagnol (azar), mais c'est en fait un mot arabe, ou plutôt deux.
En effet, sous cette forme graphique, ou le h- a été un ajout non étymologique (mais qui conduit à ne pas faire la liaison), on ne voit plus qu'il s'agit de l'article défini arabe al-, auquel vient s'ajouter zahr, d'où az-zahr, mot arabe désignant " le dé " ou " le jeu de dés ".
Au Moyen Âge, on l'écrivait parfois avec un z, par imitation de l'espagnol azar et parfois avec un -t au lieu du -d à la fin du mot.
Un hasart signifiait alors le chiffre 6 au jeu de dés : un hasard particulièrement heureux, alors qu'aujourd'hui, avec le hasard, tout est possible, le meilleur comme le pire.

 

Source

 

Au Hasard
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La philosophie de Nietzsche se veut notamment une métamorphose de l’idée de hasard. Elle précise en effet que la création n’est ni un absolu ni un mouvement téléologique. Et, sous sa forme positive, elle précise le caractère imprévisible, aventureux, de la morale à venir.


Pour Nietzche, la nécessité est précisément d’affirmer le hasard. Le vrai joueur fait du hasard un objet d’affirmation : il affirme les fragments, les membres du hasard.
De cette affirmation naît le nombre nécessaire, qui ramène le coup de dés. On devine ici le jeu “sélectif” de l’éternel retour nietzschéen : « revenir est précisément l’être du devenir, l’un du multiple, la nécessité du hasard ».

 

Autrement dit, l’affirmation est l’interprétation active du chaos par l’homme, affirmation nécessaire qui lui permet d’assumer l’idée, de se préparer à la vision d’un monde en tant que totalité ouverte ou règne toujours l’indétermination, le hasard.
L’affirmation ou « amor fati », c’est l’amour de la nécessité, mais ce qui est nécessaire, c’est le hasard lui-même, l’indétermination pénétrant tout.

 

Jackson Pollock

Jackson Pollock

Au Hasard

 

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Pour Nietzsche, le hasard ne saurait être opposé à la nécessité.

Il doit au contraire être considéré comme une nécessité, sinon la nécessité.
 

Approche d'une énigme.


Texte de MARC DE LAUNAY

 

 

Ainsi Zarathoustra prononce-t-il, Avant le lever du soleil, ce qu'il appelle lui-même une bénédiction : le hasard est un bienfait en même temps qu'il est solidaire du ciel, du cosmos, de l'ordre de la réalité même.

Sans doute peut-on comprendre en ce sens également le curieux constat auquel invite Nietzsche au début du Zarathoustra :

 

 

Ce texte trouve une directe résonance dans l'aphorisme 130 d'Aurore où Nietzsche expose la dualité de notre croyance :

nous croyons à un royaume des fins et à un royaume des hasards :

 

 

Il faut néanmoins se garder d'emboîter le pas à cette dépréciation implicite du hasard.

En effet, la dynamique de l'aphorisme entraîne à un jeu de mise en opposition, de mise en contradiction, auquel Nietzsche commence de s'exercer dès les premières Considérations intempestives et dont il sera de plus en plus systématiquement coutumier à partir du début des années 1880 :

les « géants » règnent aussi dans le prétendu royaume des fins et de la raison, lesquelles ne sont pas des naines, mais bien elles-mêmes des géantes ; nous sommes nous-mêmes des Moires à l'endroit de nos propres fins.

 

Faut-il conclure à la seule existence du royaume des hasards et de l'absurdité ?

 

La première tentation est d'imaginer qu'il y aurait, chez Nietzsche, une « théorie » du hasard qui serait explicitement formulée, articulée comme une doctrine ou comme des linéaments d'une doctrine positive.

Ne trouve-t-on pas, dans les fragments posthumes de La Volonté de puissance ce court texte intitulé précisément Théorie du hasard :

 

Nietzsche est le premier à nous avertir de l'imprudence qu'il y aurait à vouloir reconstruire ce qu'il dissémine dans des textes qui sont autant de dispositifs en une architecture théorique systématique :

Les «hommes posthumes [...] ne sont jamais compris ; de là leur autorité» .

Mais, plus encore, la difficulté tient à ce qu'il souligne l'incongruité même de nos facultés par rapport à ce qu'elles entendraient saisir; ab ovo, l'intrication du hasard à ce que nous sommes est trop intime et profonde pour que nous puissions réellement faire sereinement la part des choses :

 

L'énigme, en l'occurrence, consiste à penser ensemble le hasard, la nécessité et la liberté créatrice ou innovatrice ;

il faut ainsi quitter le terrain où d'ordinaire est traitée la question du hasard, c'est-à-dire le domaine de la réflexion cosmologique.

C'est en apparence seulement que Nietzsche pose le problème dans cette perspective, comme il semble parfois le faire en empruntant à la biologie de l'époque quelques traits, ce qui lui arrive lorsqu'il critique la notion de finalité naturelle
 

 

 

L'énigme est donc dans le fait même d'une contradiction irréductible, contradiction que Nietzsche met explicitement en rapport avec le hasard

 

 

Le travail de la contradiction à l'oeuvre à propos de la notion de hasard est exemplaire d'une démarche nietzschéenne plus générale :

il s'agit de faire jouer tous les aspects de la polysémie d'une notion investie par la tradition d'une valeur certaine, puis de relativiser peu à peu, souvent par touches successives, parfois, au contraire par torsion soudaine, la valeur dont cette notion est le support ; enfin, le terme est pris dans un jeu stylistique tel que la valeur initiale se trouve travaillée par une contradiction que Nietzsche cherche simplement à révéler contre le dogmatisme qui veut la dénier.

 


En ce qui concerne le hasard, Nietzsche commence à traiter la question dans Aurore, Le Gai savoir et Ainsi parlait Zarathoustra il y soumet le hasard au travail que nous venons d'indiquer et il parvient à une formulation à la fois poétique

 

 

- et polémique :


 


Autrement dit, le hasard ne saurait être opposé à la nécessité, et ce qu'il faut comprendre c'est précisément que le hasard est une nécessité, sinon la nécessité. Or si Nietzsche a pris soin de mettre en résonance le hasard, la contradiction et le choc des impulsions créatrices sub specie necessitatis naturae, c'est pour renforcer la réflexion qu'il développe de manière très déterminée à partir de 1886, dans la dernière partie de Par-delà bien et mal notamment, et jusqu'aux dernières oeuvres : audelà de la morale de l'autonomie, Nietzsche fait signe vers la « morale » de la création individuelle - qui n'est pas simplement d'ordre artistique bien qu'elle intègre une irréductible part esthétique, et qui refuse l'athéisme tout en refusant la moindre finalité naturelle -, que symbolise le dieu tentateur Dionysos :

 

 

 

Et toute création ne peut qu'y faire droit.

 

Texte de MARC DE LAUNAY

 

 

 

 

 

Au Hasard

Voici quelques citations sur le thème du hasard:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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