Musique "Les Indes galantes - Ballet Suite: Rondeau - Danse du calumet de la paix executée par les sauvages" de Collegium Aureum
"Cette pièce chorégraphique éclaire la période d’emprisonnement du philosophe à l’asile de Charenton.
Sade passera une trentaine d’années en prison en y écrivant la majorité de son œuvre et finira sa vie parmi les fous, inlassablement accroché à des principes qui l’auront banni des trois régimes successifs: l’Ancien régime, la Révolution et l’Empire.
Il est comme une ombre dans le siècle des lumières à la fois par son désir de connaissances universelles et du rêve d’organiser un monde nouveau, par sa recherche effrénée du plaisir, sa volonté de démasquer les hypocrisies, par sa connaissance secrète de l’homme et des mécanismes qui sont à l’œuvre dans son inconscient. Il est le prisonnier lucide d’un monde qui change mais ne se transforme pas. Chez le marquis, la pensée est intimement, viscéralement et érotiquement liée au corps: Je suis donc je pense et non l’inverse.
Si Sade n’est pas le seul au XVIIIe siècle à être convaincu du mouvement de l’univers, il est le seul à le savoir en lui. Sade attaque la morale de son époque, il ne cesse d’examiner les préjugés à l’ombre de nos inconscients.
Sa liberté d’écriture et une provocation sans doute jamais atteintes dans le reste de la littérature classique, les fantasmes vécus jusqu’aux limites, son style énergique et puissant, la beauté et la maîtrise parfaite de la langue ne pouvaient nous laisser indifférents. Sade questionne nos pensées sans corps, et en tant que chorégraphes et observateurs du mouvement que nous sommes, nous avons tenté d’éviter ici les corps sans pensées."
Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault