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Le Traité des trois imposteurs

Le Traité des trois imposteurs
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Au XVIIIe siècle circule clandestinement en Europe un livre étonnant, voire détonnant dont l'auteur, inconnu, imitant le style du philosophe Spinoza fait "son affaire" aux trois grandes religions monothéistes de son époque (cherchez pas, on a les mêmes encore aujourd'hui !!!).

 

Selon lui " toutes les religions sont des fables entretenues par des imposteurs, de mèche avec le pouvoir politique pour tyranniser le peuple. "

 

Une thèse qui explique peut être son anonymat.

Les libraires qui diffusaient ce brûlot risquaient de se faire arrêter et la polémique était vive dans les milieux intellectuels de l'époque.


Divers auteurs présumés se sont vu attribués la paternité de cette satire véhémente, mais il semblerait que ce texte soit issu d'une tradition libertaire ancienne voire antique et qu'il se soit transmis en partie par voie orale pour n'être publié en français qu'en 1712 sous le titre "La vie et l'esprit de M. Benoit Spinoza" à Rotterdam.


Quoiqu'il en soit des sources et de l'auteur de ce livre, c'est là un des textes qui prouve que l'esprit anti-religieux ne date pas du siècle des lumières mais qu'il a toujours été contemporain de l'esprit religieux lui même.

 

 

Mais l'Histoire a cette particularité de filtrer certaines idées et d'en laisser passer d'autres selon qu'elles ont ou non partie liée avec le pouvoir.

Le Traité des trois imposteurs
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Voici quelques extraits qui illustrent bien, je crois, pourquoi ce texte est resté clandestin pendant des siècles :

 

Les ambitieux, qui ont toujours été de grands maîtres en l'art de fourber, ont tous suivi la même route dans l'établissement de leurs lois.

 

Pour obliger le peuple à s'y soumettre de lui-même, ils l'ont persuadé, à la faveur de l'ignorance qui lui est naturelle, qu'ils les avaient reçues ou d'un dieu ou d'une déesse.
C'est ainsi qu'en ont usé les législateurs.
Ils ont tous fait descendre leurs lois de quelque divinité et ont tâché de faire croire, qu'ils étaient eux-mêmes plus qu'hommes.
C'est de quoi l'on sera convaincu si l'on prend la peine de lire sans préjugés ce que nous allons dire des quatre plus célèbres d'entre eux, à savoir, Moïse, Numa Pompilius, Jésus-Christ et Mahomet.

 

 

Le Traité des trois imposteurs

De Moïse


Le célèbre Moïse, petit fils d'un grand magicien, au rapport de Justin Martyr, s'étant rendu chef des Hébreux, que l'on chassa d'Egypte par édit, parce qu'ils infectaient tout le pays de rogne et de lèpre dont ils étaient gâtés, fut un de ceux qui usèrent avec le plus d'adresse de ce stratagème.
Après six jours de marche dans une pénible retraite, il commanda à ces misérables bannis de consacrer le septième à Dieu, par un repos public, afin de leur faire croire, que ce Dieu le favorisait, qu'il approuvait sa domination, et que personne n'eût l'audace de la lui disputer.
Il n'y eut jamais de gens plus ignorants que ceux-là ni par conséquent plus crédules.
Dans une si belle occasion de faire valoir ses rares talents, il leur fit croire, que Dieu lui était apparu, que c'était par son ordre, qu'il prenait leur conduite, qu'il l'avait choisi pour les gouverner, qu'eux-mêmes seraient son peuple particulier, privilégié, à l'exclusion de toute autre nation, pourvu qu'ils crussent et qu'ils fissent ce qu'il leur dirait.
Et pour achever de les convaincre de sa mission divine, il fit en leur présence quelques tours subtils, qu'ils prirent pour des miracles.
Ainsi ces pauvres malheureux, éblouis de ses illusions et ravis de se voir adoptés par le maître des Dieux à la sortie d'une dure servitude, applaudirent Moïse, et jurèrent de lui obéir.

 

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Le Traité des trois imposteurs

De Jésus-Christ


Considérant combien Moïse s'était rendu célèbre parce qu'il avait commandé un monde d'ignorants, il [Jésus-Christ] entreprit de bâtir sur ce fondement, et se fit suivre de quelques idiots, auxquels il persuada que le Saint-Esprit était son père et qu'une vierge était sa mère.
Ces bonnes gens, accoutumés à se payer de songes et de rêveries, donnèrent dans cette fable et crurent tout ce qu'il voulut...

 

Le Traité des trois imposteurs

De Mahomet

 

A peine les disciples de Jésus-Christ avaient éteint la Loi mosaïque, pour introduire la chrétienne, que les hommes, suivant leur caprice ordinaire, se soumirent aux Lois d'un nouveau législateur qui s'éleva par les armes comme avait fait Moïse.
Le titre spécieux de Prophète et d'Envoyé de Dieux ne lui échappa pas non plus.
Aussi n'eut-il pas moins d'adresse à faire des miracles et à donner par là dans la faiblesse du peuple, qui aime le merveilleux.
D'abord, il se vit, comme eux, escorté d'une populace ignorante, à laquelle il débitait les nouveaux oracles qu'il recevait du ciel.
Ces gens sensuels et grossiers, amorcés par des plaisirs de leur goût, que cet imposteur leur promettait dans un paradis, où le bonheur de ceux qui auraient observé sa Loi consisterait en partie dans ce qui flatte le plus les sens, répandirent sa renommée au long et au large, et l'exaltèrent tellement que celle de ses prédécesseurs diminua peu à peu.

 

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T
Les trois prophètes étaient des gourous qui étaient de bons commerciaux ....des sectes qui ont bien réussi !
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T
Billet régénérant et bienvenu en ces temps d'idolâtries réminicentes où les caricaturistes se font menacer de mort .En ces temps anciens la crédulité et l'inculture des peuples a sans aucun doute permis la réussite de ces sectes.Dans un très bon roman historique "Alamut" de Vladimir Bartol, il est écrit: "Plus grande est l'ignorance d'un peuple, plus grand est l'exaltation qui le meut"
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J
Toujours aussi passionants et édifiants tes articles !!Hélas aussi trés d'actualité le thème des faux prophètes...Puisse 2008 t'inspirer le meilleur !
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S
Bonne année 2008 !
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A
Bonne année Serge!!!!!!!
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