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Unica Zürn

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Unica Zürn

Unica Zürn, née Nora Berta Unica Ruth Zürn, le 6 juillet 1916 à Berlin-Grunewald, et morte le 19 octobre 1970 à Paris, est une artiste et écrivain allemande.


Unica Zürn est le second enfant de Ralph Zürn un journaliste voyageur et d’Helene Pauline Heerdt, issue d’une famille très fortunée.
 

Après des études commerciales, elle est engagée, en 1933, comme sténotypiste aux studios de l’Universum Film AG de Berlin. Sa correspondance montre une existence frivole et pleine d’amitiés et intrigues amoureuses. De 1936 à 1942, elle travaille comme scénariste et auteur de films publicitaires.
 

Par sa mère qui a épousé en secondes noces Heinrich Doehle, en 1931, alors ministre d’Hindenburg avant de devenir un des hauts dignitaires du IIIe Reich, Unica Zürn est introduite dans la haute société nazie.
 

En 1942, elle épouse Erich Laupenmühlen, un commerçant avec qui elle aura deux enfants.
En 1949, elle divorce et ses enfants sont confiés à la garde du père. Elle écrit des récits et des nouvelles pour les journaux, des contes radiophoniques et fréquente le milieu artistique.

 

Unica Zürn
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En 1953, Unica Zürn rencontre le plasticien Hans Bellmer (1902-1975) à l'occasion d'une exposition organisée à Berlin. Elle l'accompagne à Paris où ils vivent dans une chambre rue Mouffetard (Ve arr.).


Bellmer la présente au groupe surréaliste. Elle commence ses anagrammes et dessins qui seront publiés sous le titre d'Hexentexte par la galerie Springer à Berlin. Cette même année, sa première exposition parisienne est organisée à la galerie Le Soleil dans la tête, suivie d'une autre au même endroit en 1956.
 

« Les dessins qui ont été vendus, ressemblent à peu près à ceci : le 1er était une sorte de lapin, avec des seins sur le buste, avec des os et dans le ventre un fantôme (encre de Chine noire). Le 2e était, comme l’a dit Hans, une sorte de « buffle-punaise » […] Le 3e était une « sole voyageuse » accolée à une pieuvre répugnante […] Le 4e était […] une sorte de gros bourdon, d’où émergeaient d’autres insectes. »
 

Unica essaie la peinture à l'huile mais abandonne rapidement pour ne se consacrer qu'au dessin.

 

 

Unica Zürn

En 1957, elle rencontre Henri Michaux qui lui inspirera le personnage de « L'Homme-Jasmin ». À la suite d'une dépression nerveuse et d'une « crise » schizophrénique, elle fait un séjour à la clinique Wittenau. Elle fait une première tentative de suicide.


Pendant une dizaine d'années, les crises alterneront avec des séjours en clinique, à Sainte-Anne à Paris (septembre 1961), à La Rochelle, à Maison-Blanche à Neuilly-sur-Marne (1966, 1969 et 1970). En clinique, elle dessine à l'encre de Chine et peint.
En 1959, Unica participe à l'Exposition internationale du surréalisme de la galerie Daniel Cordier à Paris. Des photographies réalisées par Bellmer la montrant nue et ficelée paraissent en couverture de la revue Surréalisme.
En 1963-19647, ses dessins sont exposés à la galerie Le Point cardinal. Le catalogue est préfacé par Max Ernst qui a également réalisé les invitations pour le vernissage.
Entre 1963 et 1965, elle écrit Der Mann im Jasmin (L'Homme-Jasmin).

 

En 1969, Hans Bellmer devient hémiplégique à la suite d'un accident vasculaire cérébral, et reste dans un profond mutisme jusqu'à la fin de sa vie.
Unica Zürn publie Sombre Printemps et est à nouveau internée à Maison-Blanche. Son état est si critique qu’elle ne peut plus dessiner ni écrire.
Au début de 1970, elle est internée une troisième fois à Maison-Blanche. Elle rédige un journal de souvenirs intitulé Crécy et Livre de lecture pour enfants.

 

Le 7 avril 1970, elle écrit une lettre de rupture à Bellmer. Elle achève la rédaction de L’Homme-Jasmin, Vacances à Maison-Blanche, Rencontre avec Hans Bellmer, et projette d'écrire L'Homme-Poubelle comme une suite à L’Homme-Jasmin.
Autorisée à sortir de la clinique, elle se rend chez Bellmer et se suicide en se jetant par la fenêtre de son appartement. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (9e division).

Source

 

 

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Sombre printemps

Compagne du dessinateur Hans Bellmer et peintre elle-même, Unica Zürn est morte en 1970. Elle avait fait un certain nombre d'expositions placées sous le signe du surréalisme, expositions préfacées notamment par André Pieyre de Mandiargues et Max Ernst.
Au cours des dernières années de sa vie, elle avait été internée à plusieurs reprises dans des cliniques psychiatriques.
Sombre printemps est un récit des impressions d'enfance, poussées jusqu'à leurs conséquences inéluctables et dramatiques.
Entre un père bien-aimé mais lointain et une mère détestée, la petite fille va apprendre à connaître le monde des adultes et s'initier à la sexualité, horrifiante et fascinante, puis à l'amour fou.
Mais « qui pourrait supporter l'amour sans en mourir ?
Ruth Henry a noté à propos d'Unica Zürn : « Elle a su écrire sur sa maladie et pas seulement la décrire. Ainsi écrivait-elle son mal, dans la mesure où vivre était précisément sa souffrance. Elle a perçu que la dérobade, la fuite, le besoin de la maladie, de la folie, constituaient le fondement de son existence. Cependant, en assumant une tâche qu'elle s'était fixée par elle-même, elle a transposé la destruction de cette maladie en quelque chose de positif, en une oeuvre. Elle a, ce faisant, accompli une action - une action vitale - qui lui a permis ensuite de se tourner "vers le vieux pays enchanteur de la mort".
Bouleversant dans sa sobriété, ce petit livre brille d'un éclat noir. C'est une pierre rare, aux arêtes tranchantes.

 

Unica Zürn

Extrait:

 

 

 

 

"Elle voudrait paraître belle quand elle sera morte. Elle voudrait qu'on l'admirât. Jamais on n'a vu un plus bel enfant dans la mort. Maintenant, il fait presque noir dans la chambre. Seule la lumière lointaine d'un réverbère brille faiblement dans la fenêtre. À présent, ça lui est égal de mourir "en terre étrangère" ou bien dans son jardin. Elle monte sur le rebord de la fenêtre, se tient au crochet du volet et regarde encore une fois dans le miroir son image pareille à une ombre. Elle se trouve ravissante et une pointe de regret se mêle à sa décision. "C'est fini", dit-elle à voix basse et elle se sent déjà morte avant que ses pieds ne quittent le rebord de la fenêtre. Elle tombe sur la tête et se brise le cou. Son petit corps gît, étrangement tordu, dans l'herbe. Le premier à la trouver est le chien. Il glisse la tête entre ses jambes et commence à la lécher. Et comme elle ne bouge même pas, il se met à gémir doucement et se couche dans l'herbe à côté d'elle."

 

 

Unica Zurn
Sombre printemps

 

 

Taureau ou Minotaure ?

Unica Zürn par Hans Bellmer.

Unica Zürn par Hans Bellmer.

Unica Zürn

 

La vie d’Unica Zürn résumée par Ruth Henry

Unica Zürn est née à Berlin-Grunewald où elle grandit « dans la merveilleuse maison avec l’éternelle félicité du terroir des indiens de mon enfance … » vendue par la suite. Le rêve d’un retour devait l’accompagner tout au long de sa vie.


Après avoir travaillé comme dramaturge à la UFA (universum-film-Gesellschaft, société de production cinématographique à Berlin) ; après un mariage d’amour et un divorce qui l’éloignera pour toujours de ses deux enfants nés pendant la guerre, elle commence en 1949 à écrire pour des journaux allemands et suisses. Point de reportages mais des contes fantastiques ou drolatiques, des shorts stories, très en vogue à l’époque. Vivant seule, elle se mêle alors à la vie de bohème berlinoise de l’après-guerre. En 1952, lors d’un vernissage, elle rencontre Hans Bellmer de passage à Berlin. En 1953, elle le rejoint dans son logis de la rue Mouffetard. Tout en continuant ses dessins et ses collages, initiée par Hans Bellmer, elle se met à composer ses premiers anagrammes. En 1954, les éditions de la galerie Springer à Berlin publient un recueil intitulé Hexentexte (textes sorcières), soit dix dessins et dix anagrammes.

 

 

 

Avec Hans Bellmer

A Paris elle rencontre, grâce à Bellmer, les surréalistes et se lie notamment d’amitié avec Man Ray, Meret Oppenheim, Patrick Walberg, André Pieyre de Mandiargues, qui préfacera plus tard son Homme-Jasmin.


Dans le domaine de la poésie, elle voue une profonde admiration à Hans Arp. En 1959, lors de l’Exposition internationale des surréalistes à la galerie Cordier, nous nous rencontrons, elle et moi, sa future traductrice et l’amie qui l’ensevelira en 1970, après son suicide.

 

Unica Zürn

La vie du couple Bellmer-Zürn est marquée par une extrême pauvreté et les multiples internements d’Unica en cliniques psychiatriques. Dans les moments de calme elle poursuit la rédaction de récits plus ou moins autobiographiques commencés en allemand aux alentours de 1957. Cette période de création culmine avec deux textes écrits vers 1965 : Der Mann im Jasmin (l’Homme-Jasmin), dont le sous-titre « eindrücke aus einer geiteskranken » (« impressions d’une malade mentale » ) caractérise le contenu de ce livre singulier.


Le deuxième est intitulé Dunkler Frühling (sombre printemps), récit plus concis d’une grande force littéraire ; une évocation « du vécu érotique de mon enfance », selon la formule de l’auteur.
Ces deux textes , traduits en français peu après sa mort en 1970, lui valurent ses premiers admirateurs. Dans son pays d’origine, en Allemagne, une édition complète de ses oeuvres a été établie à partir de 1988.

 

On ne présente plus Unica Zürn… » A cette boutade d’un connaisseur, on pourrait tout autant opposer : « Unica Zürn, connais pas… » Si son nom, en France du moins devait rester confidentiel dans le milieu littéraire après la publication en 1971 de L’Homme-Jasmin (considéré par Michel Leiris comme le livre le plus important de cette année-là), sa réputation de peintre proche des surréalistes est déjà ancienne à cette époque : compagne de Hans Bellmer, elle participe depuis les années cinquante aux expositions du groupe ; et Max Ernst écrivit ou plutôt calligraphia pour elle l’avant-propos d’une exposition de ses dessins automatiques à la galerie du Point Cardinal. Le poète Henri Michaux apporta à la malade internée à Sainte-Anne des pinceaux, de l’encre de Chine et du papier à dessin pour l’encourager à poursuivre malgré tout ses travaux artistiques.


« Malgré tout » ou plutôt « envers et contre tout ». Car ce qui rend le destin de cette femme si exceptionnel, ce n’est pas tant sa maladie mentale, qui dura des années et l’obligea à fréquenter les cliniques psychiatriques, que le fait qu’elle ait réussi pendant les phases d’accalmie et de calme lucidité à rédiger un compte-rendu fascinant de ses expériences hors du commun et à tirer ainsi une oeuvre de la déchéance croissante de son existence.

Unica Zürn

C’est une oeuvre d’une riche ambiguïté, sortie du plus profond d’elle-même ou de ses hallucinations.


Sans trace apparente d’un travail littéraire, elle semble néanmoins marquée par un style bien particulier.

 

Double Portrait par Hans Bellmer

« La littérature semble y servir autant le délire que le délire la littérature », au point qu’une écriture a pu naître, qui se passe de tout commentaire psychologique ou affectif. « Les images doivent parler d’elles-mêmes », telle est la devise d’Unica Zürn, choisie sans dogmatisme mais avec la certitude d’une somnambule.

Unica Zürn

Dans les huit dernières années de sa vie elle fut hospitalisée (souvent internée) à l’Hôpital Wittenau de Berlin, et encore plus souvent à Paris : Sainte Anne, Maison Blanche, La Rochelle, clinique de La Chesnaie. Une permission de sortie de cinq jours lui est autorisée le 19 octobre 1970 pour réorganiser sa vie. Après une journée sans incident passée auprès de Hans Bellmer, Unica Zürn se jette par la fenêtre de l’appartement.
français

 

 

 

Source

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