Lotte Eisner est née le 5 mars 1896 à Berlin.
Elle a marqué l'histoire du cinéma par un livre devenu mythique, "L'Écran démoniaque" (publié en 1952), où elle retrace la genése du cinéma expressionniste allemand pendant la montée du nazisme.
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Critique de cinéma à Berlin dans les années vingt, elle émigre de l’Allemagne nazie en 1933 et s'installe en France où elle collabore à la "Cinémathèque française" d’Henri Langlois.
La haine de l'Allemagne nazi pour "l'art dégénéré" avait plongé dans l'oubli des trésors que Lotte Eisner s'acharna à retrouver:
Elle y consacra toute son energie jusqu'à la fin de sa vie.
Le cabinet du docteur Caligari
Les décors du "Cabinet du docteur Caligari" (Robert Wiene), de "Nosferatu" (Murnau), "Metropolis" (Fritz Lang), "Le Docteur Mabuse" (Fritz Lang) et bien d'autres trésors furent sauvés de la destruction gràce à son travail.
Les cineastes Wim Wenders et Werner Herzog lui rendirent hommages:
Wim Wenders dans "L'ami américain", 1977
Werner Herzog dans "L'énigme de Kaspar Hauser", 1974
En 1974 Werner Herzog apprend que "la Eisnerin", comme il l'appele, est malade et risque de mourir.
Il décide alors de faire à pied le déplacement de Munich à Paris et marche ainsi du 23 novembre au 14 décembre.
22 jours pendant lesquels il tient un carnet de route qu'il publira sous le titre " Sur le chemin des glaces " en 1978.
Il pense que cet acte insensé lui permettra de retrouver son amie vivante et hors de danger.
"Un ami parisien m'a téléphoné à la fin novembre 1974. Il m'a dit que Lotte Eisner était très malade et allait sans doute mourir.
J'ai répondu : cela ne se peut pas. Pas maintenant. Le cinéma allemand ne peut pas encore se passer d'elle, nous ne devons pas la laisser mourir.
J'ai pris une veste, une boussole, un sac marin et les affaires indispensables. Mes bottes étaient tellement solides, tellement neuves, qu'elles m'inspiraient confiance. Je me mis en route pour Paris par le plus court chemin, avec la certitude qu'elle vivrait si j'allais à elle à pied. Et puis, j'avais envie de me retrouver seul."
“ Si j’étais dans l’avion qui, silencieux, passe au-dessus de moi, dans une heure et demie, je serais à Paris ”.
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Lotte Eisner ne meurt pas en 1974 mais le 25 novembre 1983 à l'âge de 87 ans.