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La naissance de la tragédie

Dionysos & Apollon

Dionysos & Apollon

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Premier ouvrage de Nietzsche, La naissance de la tragédie a pour objet l'art et la culture grecs, mais vise en fait la civilisation moderne.


Ses analyses du mythe,de l'extase et de l'ivresse, du choeur, du héros tragique, sont un renouvellement profond de l'image traditionnelle de l'Antiquité en même temps qu'une contestation du scientisme qui menace de mort notre société.

 

Comment l'homme est-il grand? Où donc, lorsque l'accumulation du savoir le conduit à l'impasse, peut-il découvrir une issue?
 

 

De l'opposition tranchée d'Apollon et de Dionysos au rêve d'un « Socrate musicien »; il n'est pas une page de ce livre exceptionnel qui ne soit une réponse exaltante à cette question.

Dionysos

 

« Nous aurons fait un grand pas en esthétique lorsque nous serons parvenus non seulement à la conviction intellectuelle mais à la certitude intime que l’évolution de l’art est liée au dualisme de l’esprit apollinien et de l’esprit dionysiaque, de même que la génération dépend de la dualité des sexes, dont la lutte perpétuelle n’est coupée que d’éphémères réconciliations. Nous empruntons ces termes aux Grecs, lesquels ont déposé, pour qui les comprend, la profonde et secrète doctrine de leur vision esthétique non pas dans des concepts mais dans les figures précises de leurs dieux. À travers leurs deux divinités de l’art, Apollon et Dionysos, nous comprenons que, dans le monde grec, il existe une violente opposition, non seulement sous le rapport de l’origine mais aussi sous celui de la fin, entre l’art du sculpteur, art apollinien, et l’art non sculptural de la musique, qui appartient à Dionysos. Ces deux inspirations si différentes suivent un chemin parallèle; le plus souvent en conflit ouvert, elles se provoquent mutuellement à des productions toujours plus vigoureuses pour y perpétuer le conflit de leur opposition (que le terme commun d’art ne recouvre qu’en apparence), jusqu’à ce qu’enfin, par un miracle métaphysique de la «volonté» hellène, ils apparaissent unis et engendrent dans cette conjonction l’oeuvre d’art à la fois dionysiaque et apollinienne: la tragédie attique. »

 

Friedrich Nietzsche, (1844-1900), in La naissance de la tragédie (1972).

 

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« A l’encontre de ceux qui s’appliquent à faire dériver les arts d’un principe unique, comme la source nécessaire de toute œuvre d’art, je contemple ces deux divinités artistiques des Grecs, Apollon et Dionysos, et je reconnais en eux les représentants vivants et émouvants de deux mondes d’art qui diffèrent essentiellement dans leur nature et leurs fins respectives. »

 

Friedrich Nietzsche, (1844-1900), in La naissance de la tragédie (1972).

 

Dionysos & Apollon

Dionysos & Apollon

Les deux divinités rivales qui se disputent l'âme des hommes sont au coeur de la tragédie . Il s'agit, dit Nietzsche, d'un festin consommé avec Apollon sur le cadavre de Dionysos. Apollon, l'ordre, festoie sur le corps du désordre, qui est mort. La tragédie est alors une fête religieuse et civile à la fois, par laquelle la cité tout entière célèbre la fin des troubles, des violences et des passions. La cité se libère par le sacrifice du héros tragique, qui prend sur lui les fautes de tous. Dans la lecture nietzschéenne, la tragédie anticipe ainsi sur le christianisme qui, lui aussi, fera revivre aux fidèles l'histoire imagée d'un homme sacrifié.

 

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La naissance de la tragédie
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T
"contraindre le chaos que nous sommes à devenir forme" phrase tout en musique !  
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M
c'est aussi une de mes préférées !
M
MERCI mille fois pour ces éclaircissements.
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