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Michel Abbatangelo

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Michel Abbatangelo

Michel Abbatangelo est né le 11 janvier 1953 à Buenos Aires (Argentine), fils aîné de Domenico et de Anna de Scisciolo, italiens. Il arrive avec sa famille en Italie en 1960.
Il poursuit ses études à Milan, puis à l'Institut Européen des Arts graphiques à l'Académie de Bréra.
Sa formation est très autodidacte : il participe aux séminaires philosophiques du professeur Gianni Camolese (neurologue analyste) d'où il tirera de solides bases de communication, finalisées non seulement à l'enseignement et à la transmission mais aussi au rapport de l'inconscient et de l'art.

 

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Le thème du Minotaure est omniprésent dans les tableaux de Michel Abbatengelo. On y retrouve la figure du taureau des mythes crétois.
Le Minotaure d'Abbatengelo est placé sous le signe d'Eros. On peut citer à son propos la phrase de Picasso:
"L'art n'est pas chaste, on devrait l'interdire aux ignorants innocents, ne jamais mettre en contact avec lui ceux qui y sont insuffisamment préparés. Oui, l'art est dangereux. Ou s'il est chaste, ce n'est pas de l'art."

 

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Le Minotaure est un monstre à corps d’homme et tête de taureau, né des amours de Pasiphaé, femme de Minos, et d’un taureau blanc envoyé par Poséidon.
Minos l’enferma dans un labyrinthe construit par Dédale, et lui donna chaque année en pâture sept garçons et sept jeunes filles d’Athènes.
Cependant les Athéniens en eurent assez de sacrifier chaque année des jeunes hommes et des jeunes vierges.
Ils dépêchèrent Thésée pour tuer le minotaure. En arrivant Thésée rencontre Dédale qui (a) construit le labyrinthe et Ariane qui s’éprend de lui et lui remet du fil pour en ressortir.
Thésée affronte et tue le minotaure. De retour à Athènes, Thésée oublie de changer les voiles noires de son bateau (il l'aurait fait volontairement pour hériter du trône), et son père Egée se jette dans la mer pensant que son fils est mort en affrontant le minotaure.

Michel Abbatangelo

 

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Le minotaure est une figure sacrée, sauvage et archaïque. C’est un monstre enfermé au centre d’un labyrinthe tout comme le taureau dans l’arène.

 

Michel Abbatangelo

 

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Le thème du taureau sacrifié apparaît dans la Rome antique avec le retour du mithraïsme. Mithra était une grande divinité des perses connue (dès) 500 av. (notre ère). Son culte se diffusa plus largement au II siècle après (notre ère) dans les ports, les grandes villes et les lieux de garnison de l’Occident romain, surtout le Rhin, le Danube et l’Italie. Les initiés bénéficiaient de l’immortalité grâce au sacrifice d’un taureau qui reproduisait le sacrifice accompli par Mithra (pratique du taurobole purificateur). Les mystères de Mithra se célébraient dans des grottes ou des cryptes (mithraeum). Un taureau était égorgé, cuisiné puis mangé avec du pain et du vin. La chair du taureau est sacrée, en cela elle s’apparente à l’eucharistie.
 

Michel Abbatangelo

 

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Chez Abbatangelo la corrida est étroitement liée au rituel religieux, d’où parfois l’apparition dans certaines œuvres de la figure du Christ ou de signe qui vont l'évoquer... qui est également dans les arènes.

L’importance du sang dans la corrida est liée au culte de Mithra. L’initiation se faisait en égorgeant un taureau au-dessus de l’initié dont le visage se trouvait baigné de sang. Ces pratiques se déroulaient aux solstices et aux équinoxes, elles (étaient) liées à la fertilité. Mais (Ce) sont également des rites solaires. C’est une thématique extrêmement riche qui associe le rite, la religion, la fertilité, le sexe et le soleil. Tous ces éléments composent la trame de fond de la minotauromachie par exemple chez Picasso.
 

Michel Abbatangelo

 

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Sous une autre forme la représentation du "minotaure aveugle guidé par une petite fille" de Picasso et qui inspirée Abbatangelo, renvoie au mythe d’Oedipe et à la problématique du sexe du minotaure. L’œil crevé était interprété par Freud comme un symbole de castration. Pour Abbatangelo en accord avec G.Bataille," Il nous permet de retrouver l’animalité, le sexe, la transgression et le sacrifice". Le thème du minotaure c’est la naissance de l’homme à partir de l’animalité. Il existe pour Abbatangelo et Bataille un lien profond entre les deux. Pour retrouver son caractère sacré l’homme doit replonger dans l’animalité. L’homme se pare du prestige et l’innocence de la bête.

Objet de bonne conscience ou de scandale, porteur de fantasmes, l'animal apparaît comme un miroir où se reflète la nature profonde de l'homme.

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