VICTOR BRAUNER
Victor Brauner est peut-être le peintre le plus étrange du XXe siècle. Reconnu internationalement, dépassant le surréalisme dont il est issu, Brauner s’est illustré avec ses compositions ésotériques, reprenant des symboles rosicruciens, maçons ou égyptiens, et par ses tableaux érotiques.
Le pape du surréalisme, André Breton lui-même, proclamait : « Devant la peinture actuelle de Victor Brauner, ma joie participe du sacré. »
Originaire d’une petite ville des Carpates, Victor Brauner étudie la peinture à l’École des beaux-arts de Bucarest, d’où il est renvoyé, ses œuvres étant jugées scandaleuses.
À partir de 1924 jusqu’à la fin des années 20, il participe activement aux mouvements d’avant-garde de la capitale roumaine, proches de l’esprit dadaïste, en collaborant à de nombreuses revues.
Parallèlement à ces activités, après avoir découvert l’œuvre de De Chirico lors d’un premier voyage à Paris, il pratique une peinture figurative, mettant en scène des figures d’animaux fantastiques.
En 1930, il s’installe définitivement en France, où il rejoint son compatriote Constantin Brancusi, grâce auquel il rencontre les Surréalistes.
André Breton préface le catalogue de sa première exposition parisienne en 1934 qui présente des toiles suggérant un univers ubuesque.
À cette époque, Victor Brauner développe aussi le thème de l’œil énucléé, ce qui sera interprété comme une prémonition, lorsqu’en 1938 Oscar Dominguez lui crève accidentellement un œil au cours d’une bagarre.
Après la guerre, il rompt avec le groupe surréaliste pour se rapprocher de Matta, lui-même exclu par Breton, avec lequel il collabore, notamment à la réalisation de quelques toiles.
Victor Brauner décède en 1966, la France lui rend hommage en le désignant comme son représentant à la Biennale de Venise.