Phalaris était un tyran d'Acragas (maintenant Agrigente), en Sicile, entre approximativement 570 et 554 av. J-C.
Il assura la prospérité de sa ville mais il prit le pouvoir avec une telle cruauté qu'il a laissé la légende du taureau d'airain où il faisait rôtir ses victimes.
(C'est aussi l'un des monstres affronté par Jason en Colchide, sans doute un rhinocéros cuirassé alors présent jusqu'au Caucase.)
« Phalaris Roi très cruel des Agrigentins, pource qu'il prenait plaisir d'avoir plusieurs engins propres à tourmenter les criminels, Pérille s'adressa à lui, et lui offrit un taureau d'airain auquel le feu mis dessous, rôtissait les pauvres patients qu'on y enfermait :
Mais par le commandement du Tyran, ce gentil ouvrier porta premier la peine du tourment qu'il voulait faire aux autres endurer.
Le peuple aussi ne pouvant plus souffrir la trop inhumaine cruauté de Phalaris, lui courut après, l'ayant enclos dans ce taureau, après lui avoir premièrement coupé la langue, lui firent tout vif consommer les derniers jours de sa vie. »
Maurice de La Porte, Les Épithètes, 1571.
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Polidoro da Caravaggio, 1492-1543 Phalaris condamne Pérille à rentrer dans le taureau d'airain
Dante cite également le taureau d’airain au Chant XXVII de l'Enfer (vers 5 à 12), première partie de la Divine Comédie :
« Comme le taureau de Sicile qui mugit pour la première fois, et ce fut justice, les plaintes de celui dont la lime l'avait fabriqué, et transformait la voix du tourmenté en mugissements, de sorte que, quoique d'airain, il semblait ressentir la douleur ; ...
« Ainsi que ce taureau du tyran de Sicile,
Dieu juste ! où le premier fut enfermé Pérille,
Qui du monstre brûlant fut l'exécrable auteur
La voix du patient mugissait si terrible
Dans les flancs du taureau, que l'airain insensible
Semblait être vivant et percé de douleur.
Ainsi, ne trouvant pas de passage et d'issue,
La misérable voix dans le feu contenue
Avec le bruit du feu se confondait d'abord."
"Ce perfide est de ceux qu'il faut que le feu cache !
C'est pourquoi tu me vois sous ce brûlant panache,
Pourquoi je vais pleurant, de flammes revêtu."
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Pierre Woeiriot Taureau de Phalaris
Agrippa d'Aubigné le cite également à trois reprises dans Les Tragiques:
- Les Fers, (v.571-572) : "Comme au taureau d'airain du subtil Phalaris / L'airain de la trompette ôte l'air à leurs cris"
- Misères, (v.819) : "Quelqu'un de Phalaris évitait le taureau"
- La Chambre Dorée, (V.533-534) : "C'est le taureau d'airain dans lequel sont éteintes / Et les justes raisons et les plus tendres plaintes".