Par Minotaure
Violette Nozière
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Isabelle Huppert dans le rôle de Violette Nozière
Violette Nozière nait le 15 janvier 1915 à Neuvy-sur-Loire.
Elle est la fille de Baptiste Nozière, mécanicien de locomotive à la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée, et de Germaine Hézard.
La famille habite rue de Madagascar, quartier Picpus à Paris.
Violette étudie au lycée Fénelon, en plein Quartier-latin.
En réalité, elle passe plus de temps au Quartier latin avec son petit ami, Jean Dabin, un bel étudiant désargenté et exigeant.
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Le soir du lundi 21 ao0t 1933, Violette fait absorber à ses parents du véronal en poudre, réparti dans deux sachets.
Le père meurt dans la nuit; la mère survit.
La parricide se terre au Quartier-latin.
Arrêtée et enfermée à la Petite-Roquette le 28, la voici livrée, pour des mois, aux mains de la police et du juge d'instruction.
Mobile invoqué et système de défense de l'inculpée : l'inceste.
"Mon père abusait de moi depuis que j'avais 12 ans. Seule sa mort pouvait me délivrer."
"Je n'ai pas voulu tuer ma mère, j'avais mélangé des sels de magnésie au véronal dans le sachet que je lui ai présenté. Je voulais seulement qu'elle n'ait pas la force de porter secours à mon père."
L'inceste n'a jamais été établi, et la justice a tenu pour "abominables et mensongères" les accusations de Violette.
Pour les policiers et les magistrats, les motivations de la meurtrière sont simples, évidentes.
Elle a voulu tuer ses parents pour hériter de leurs économies: 980 000 francs.
Pour fuir une famille qu'elle méprisait, un milieu qu'elle trouvait étriqué, mesquin, étouffant.
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A l'extérieur Violette Nozière devient le « le monstre en jupons» qui inspire une complainte jouée à l'accordéon à tous les coins de rue, imprimée et vendue à des milliers d'exemplaires, photo à l'appui:
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"Elle empoisonna ses parents la lâche Violette Nozière,
se riant de leur calvaire pour leur soutirer de l'argent,
sans pitié pour leurs cheveux blancs..."
Ses rares défenseurs, Violette les trouve chez les Surréalistes. Elle symbolise pour eux l'innocence persécutée, l'ange noir de la révolte contre l'ordre bourgeois.
Paul Eluard, André Breton, René Char la défendent dans un recueil de poèmes illustrés par Magritte, Giacometti, Ernst, Dali.
Eluard écrit: « Violette a rêvé de défaire, a défait l'affreux noeud de serpents des liens du sang.»
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L'histoire a inspiré le film de Claude Chabrol, « Violette Nozière », dont les dernières répliques nous laissent deviner ce qui va suivre:
« Admettons, quand tu as buté ton vieux, tu n'as rien ressenti. Mais au moment où tu vas monter sur l'échafaud, ça va bien te faire quelque chose ? »
« Je ne monterai pas sur l'échafaud... » répond Violette.
En effet, malgré la sentence prononcée:
« Et la Cour ordonne que la condamnée soit conduite pieds nus, la tête recouverte d'un voile noir, sur la place publique, pour y être exécutée.»
Violette ne sera pas exécutée
Successivement graciée par le president Albert Lebrun, le Maréchal Pétain, et le Général De Gaulle, Violette sera réhabilitée le 18 mars 1963.
Suprême récompense pour son rachat après l'accomplissement de la peine.
Violette Nozière est redevenue une citoyenne juridiquement neuve.
Sur son casier judiciaire, le mot « néant- s'inscrit face au mot « condamnations».
Fait unique dans les annales de la justice française, c'est la première fois qu'un condamné à mort pour crime de droit commun est réhabilité:
la preuve qu'il existe pour tout être humain, aussi bas qu'il soit tombé, des possibilités de rachat.
Texte librement inspiré d'un article de JEAN-MARIE FITÈRE, auteur du livre:« Violette Nozière », (Presses de la Cité).
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