PAUL KLEE
Paul Klee est né le 18 décembre 1879 à Münchenbuchsee, près de Berne.
Son père, d'origine allemande, était professeur de musique et exerçait dans la capitale helvétique.
C'est de lui que Klee, excellent violoniste dès sa prime jeunesse, hérita son amour pour cet art.
A l'automne 1898, ayant terminé ses « examens de la maturité » (niveau de notre baccalauréat), il commence ses études de peinture à Munich, d'abord dans l'atelier particulier de Knirr, puis à l'Académie, sous la direction de Stuck.
Il passe l'hiver 1901-1902 en Italie, s'arrêtant pour séjourner à Rome, à Naples, à Florence; il se laisse, par-dessus tout, prendre au charme de l'architecture de la Renaissance, de Michel-Ange et des premiers maîtres du Quattrocento.
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De retour à Berne, en mai 1902, il y travaille durement pendant quelques années, pour atteindre sa formation complète.
Le résultat de ce temps d'études est une série de quinze eaux-fortes exécutées dans un style rigide faisant ressortir les détails, avec des accents satiriques marqués.
Quelques voyages occasionnels le conduisent à Munich (où il découvre en 1904 Beardsley, Blake, Goya, Ensor) et à Paris en 1905.
Il retourne à Munich à la fin de 1906 pour y épouser Lily Stumpf, professeur de piano.
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Dans les oeuvres, surtout graphiques, de ces années-là, Klee témoigne d'un goût toujours plus poussé pour la ligne mouvante: c'est le style de la libre « improvisation psychique », qui est à son apogée dans les vingt-cinq illustrations du Candide de Voltaire, exécutées entre 1911 et 1912.
A l'exposition de Munich, il fait la connaissance de Van Gogh et de Cézanne, dont l'enseignement lui paraît d'emblée exceptionnel.
Pendant l'hiver 1911, il se rapproche du groupe des peintres du Blaue Reiter (le Cavalier bleu) et se lie d'amitié avec Kandinsky, Marc, Macke et Jawlensky.
En avril 1912, il rencontre Delaunay à Paris et découvre les oeuvres de Rousseau, Picasso, Braque.
Il va voir à Munich l'exposition des futuristes et entre en relation avec le cercle des expressionnistes, réunis autour de la revue berlinoise « Der Sturm».
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En somme, il côtoie un groupe d'artistes tous fortement préoccupés par le problème de la couleur, qu'ils cherchent libre et expressive.
Il est lui-même tendu vers cette question au printemps de 1914, au cours d'un rapide voyage en Tunisie qui constitue pour lui une expérience optique de premier ordre.
L'architecture colorée, éblouissante de lumière, de ce pays méditerranéen, l'entraîne spontanément vers une construction cristalline des tonalités: le sujet naturaliste se fait poétique, Klee est devenu un peintre.
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Pendant la guerre, on le retrouve officier dans un aéroport bavarois. C'est en 1918, à Noël, qu'il peut reprendre son travail à Munich.
Mais entre-temps, il a acquis la célébrité. Trois petites monographies paraissent sur lui et, en novembre 1920, Gropius l'appelle au Bauhaus.
De 1921 à 1930, Klee enseigne au Bauhaus de Weimar et Dessau, dans la branche de la peinture sur verre, puis du tissage.
Plus tard il se verra confier personnellement un cours de peinture. En collaboration avec Kandinsky, il donne des leçons régulières sur la forme et expose la première théorie systématique des moyens picturaux purs, qui conduit à une clarification exceptionnelle des possibilités suggestives contenues dans les procédés abstraits.
De nouvelles sollicitations multiples lui sont offertes grâce à l'amitié de Kandinsky, Feininger, Schlemmer, outre de nouveaux voyages en Italie (1927 - en Sicile en 1924 et en 1931 -), en Égypte (1928-1929).
Ces sollicitations se reflètent toutes dans sa peinture, qui convertit des impressions optiques et des expressions psychiques en images libres, pleines de correspondances poétiques.
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En 1931, Klee est appelé à l'Académie de Düsseldorf, où il peut se consacrer avec plus d'indépendance à son propre travail.
Mais avec l'avènement du nazisme, en 1933, l'artiste, qui se place pourtant en dehors de toute politique, est accusé de «bolchevisme culturel», et destitué.
Il retourne alors, en qualité d'émigrant, dans sa ville natale de Berne.
Et c'est là que commence la dernière phase de son art.
Le format de ses oeuvres s'amplifie, une extrême simplicité le pousse à éliminer tout ce qui est superflu, la légère texture linéaire se renforce de grands signes.
En 1935, Klee commence à ressentir les premiers effets d'une affection maligne de la peau. Il en meurt le 29 juin 1940.
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Peintures 1921-1927
Peintures 1922-1928
Peintures 1929-1937
Peintures 1938-1940
Parmi les artistes qui ont marqué notre époque, Klee se distingue tout particulièrement par sa position unique à la frontière de l'abstraction et de la figuration.
L'abondance de sa production picturale (son catalogue comprend plus de 9000 titres) s'accompagne d'une réflexion théorique indispensable à la compréhension de son caractère novateur.
Ami personnel de Franz Marc et de Kandinsky à l'époque du Cavalier bleu, Klee est ensuite pendant dix ans professeur au sein de la plus audacieuse entreprise de renouvellement d'une pédagogie des arts, le Bauhaus.
C'est là surtout qu'il développe pour ses étudiants une conception de la création, fondée sur une analogie entre la génération du monde et celle d'une oeuvre, analogie profondément enracinée dans un fond culturel romantique.
Forcé de quitter l'Allemagne par le régime nazi, il s'exile à Berne où il poursuit inlassablement son travail de créateur.
Ils permettront de voir que la force et l'importance de Klee résident dans cette exigence fondamentale : au-delà de toutes les significations possibles, la création de l'oeuvre doit être une tentative pour « rendre visible » la proximité de l'homme avec l'origine.
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