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La Schizophrénie par l'image

La Schizophrénie par l'image
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La schizophrénie est une pathologie qui découle d’une modification du fonctionnement du cerveau. Elle n’altère pas l’intelligence.

Ce trouble, qui touche 1% de la population, atteint surtout de jeunes adultes au début d’une vie prometteuse et se prolonge pendant plusieurs années.

La schizophrénie se manifeste par des épisodes aigus de psychose, suivis de divers symptômes chroniques constituant un handicap.

 

 

 

 

 

 

 

Ce nom bien barbare formé à partir de racines grecques (schizo: couper, phrénie: l'esprit), est une affection déroutante où la réalité est niée et considérée par le malade comme imaginaire, et où l'imaginaire est vécu comme réalité.

 

 

Plusieurs signes peuvent être observés

1. la dissociation

2. le délire

3. l'autisme

 

 

I. La dissociation

 

On peut décrire certaines altérations par lesquelles s'exprime la dissociation.

Ce sont l'ambivalence, la bizarrerie, l'impénétrabilité, le détachement. 

 

a) L'ambivalence est un des symptômes majeurs

 

Elle consiste en l'affirmation en termes contradictoires de pensées ou de sentiments (amour-haine, désir-crainte, volontés opposées.)

S'ils sont parfaitement simultanés, ils aboutissent à une négation : aboulie et inactivité.
S'ils se succèdent dans un temps rapproché, ils produisent des comportements paradoxaux et incompréhensibles.

 

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 dessin n° 1

 

Le dessin représente côte à côte deux monstres : l'un cruel, mince, allongé, musclé, prêt à la détente et à la dévoration;
l'autre gras, court, débonnaire, constituant l'éventualité d'une nourriture substantielle;
l'un noir, l'autre rouge
(la malade établissait des listes d'hommes à abattre, projeta de tuer son médecin, et fit sur elle-même une grave tentative de suicide).

 

 

 

b) La bizarrerie est une combinaison insolite de qualités étranges et fantastiques.


Nous la retrouvons dans toutes les dessins

 

 

c) L'impénétrabilité est l'emploi d'un symbolisme dont la compréhension est très difficile (voir dessin n°7)

 

 

 
d) Quant au détachement, il fait partie de cette perte, mieux, de cette fuite du contact avec la réalité qui aboutit au monde du délire.

 

 


On peut avoir une certaine idée du mécanisme dissociatif avec cette serie de 4 dessins:

 

 dessin n° 2

 

 

Ils montrent la déformation et le découpage de l'image du Moi.

La tête se déforme, double ses contours (protection magique);

puis le double contour la découpe, enfin isole plusieurs fragments.

 

 

La dissociation se produit, au sein de la personnalité, dans trois domaines:

 

1. le domaine de la pensée (troubles du cours de la pensée, du langage et de l'écriture, distorsion du système logique),


2. dans celle des sentiments,


3. dans celle du comportement.

 


1. le domaine de la pensée

 

Parmi les troubles intellectuels, on parle de « rationalisme morbide » lorsque la personne se complait dans des formes abstraites de la pensée et de ses expressions.

Ils jouent « comme à vide » avec les abstractions.

 


la figure n° 3 est un exemple typique de cet « abstractionnisme systématique ».

 

 dessin n° 3

 

Il s'agit du plan d'une «Ville Imaginaire ».

Cette construction systématique a été faite par le malade en employant une boite d'allumettes comme tire-ligne.

 

 

2. Dans le domaine de l'affectivité, on observe un fléchissement de la vitalité appelé « Athymhormie ».


Cette défaillance des forces vitales de la personnalité coïncide avec une inertie, un désintérêt, une indifférence affective.

 

Le malade éprouve un dégoût de l'effort, un défaut de l'activité motrice, une froideur et une lenteur dans les réactions émotionnelles, un émoussement des sentiments, un désintérêt concernant autrui et le monde extérieur.

 

 dessin n°4

 

 

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C'est entre deux murs épais risquant de se refermer l'un sur l'autre que l'on aperçoit un immeuble inhabité et une rue déserte.


Toujours dans la sans la sphère de l'affectivité on peut observer ce quel'on appele le négativisme.

Ce trouble se manifeste dans le comportement de manière passive (persévération des attitudes) ou active (impulsions).

L'affectivité du schizophrène est en fait désorganisée.

 

Sous sa carapace d'indifférence se cachent des sentiments au contraire tumultueux et ambivalents

 


3. Dans la sphère du comportement on retrouve


a) l'ambivalance, les bizarreries.


b) Le maniérisme: A côté d'actes cocasses, absurdes, choquants, on peut observer un style de comportement dit « sans naturel » : le maniérisme.

Il combine le jeu, le raffinement, l'outrance, la coquetterie et la préciosité.

 

 dessin n°5

La légende écrite par la malade place ce maniérisme dans son contexte merveilleux et magique.

 

 

II. le délire

 

il est particulièrement important dans la forme appelée paranoïde.

 

Ce délire est flou, non systématisé, fantastique, multiple, contradictoire il est traversé d'expériences vécues, catastrophiques ou ineffables, d'intuitions clairvoyantes, de projections hallucinatoires étranges.

 

Le schizophrène éprouve des sentiments de transformation corporelle, de morcellement de sa personne, de dédoublement.

 

Ce sont les expériences de dépersonnalisation (voir dessin 2)

 

Des métamorphoses sont souvent presentres dansles representations des malades : transformation ou condensation d'homme-bête ou monstre, d'homme-plante, d'homme-machine ou robot, d'homme-minéral ou pierre, le terme final étant constitué par l'abstraction.

Les thèmes délirants schizophréniques sont multiples thèmes de grandeur, de filiation illustre, thèmes érotomaniaques, ou thèmes de catastrophe et de fin du monde, thèmes persécutifs, d'empoisonnement, de complot, de possession diabolique, de transformation sexuelle, thèmes de pénétration, de suggestion et d'érotisation de la pensée, de métamorphose d'organe, etc...

 


Le dessin du peintre suédois Carl F. Hill que nous reproduisons est intéressant à considérer.

 

dessin n°6

 

 

Là, la production artistique est liée indissolublement à l'état délirant.

 

Hill se croyait persécuté par de petits démons multi-divisibles qui infestaient son corps, ses aliments, toute sa maison. Ils l'injuriaient et voulaient l'empêcher de poursuivre ses hautes destinées.

 

Ces esprits se développaient par division en séries indéfinies et tiraient leur toute puissance de ce phénomène.

 

Hill développa tout un rituel, notamment alimentaire, pour essayer de s'en débarrasser.

 

Il se servit également de ses dessins pour les fixer et s'en libérer, sa production artistique entrant ainsi dans son rituel délirant.

 

En les représentant, il les fixait sur le papier, et ainsi les démons ne pouvaient plus lui nuire.

 

Les insectes dessinés sur les fromages sont ces esprits malveillants.

 

On peut juger de la toute-puissance de pensée magique qui meut ces malades.

 

 

III. L'autisme

L'activité délirante, au cours de son évolution, devient de plus en plus incompréhensible

c'est l'impénétrabilité.

 

 

 dessin n°7

 

 

il est pour ainsi dire quasi-imposible de saisir toutes les significations attachées à cette représentation.

Nous y retrouvons cependant les thèmes de naissance, de mutilation, de sang, d'accouchement, de démons, de transformations animales, de fantômes, de phénomènes monstrueux.


Cette impénétrabilité est due comme la dissociation à l'autisme.

L'autisme est l'évasion de la réalité avec prédominance relative ou absolue de la vie intérieure

Le monde autistique est pour les malades aussi réel que le monde extérieur.

Il peut être même plus réel que la réalité.

Désirs et craintes constituent le contenu de la pensée autistique.

Le symbolisme y joue le plus grand rôle.

L'autisme est cette forme que prend la vie psychique pour se constituer en système fermé de la personne et de son monde.

 

dessin n°8 

 

 

 

Dans cette gouache le malade se représente sous la forme de sa seule tête, avec une chair de la qualité de celle d'un poupon en caoutchouc, enfermé dans une enveloppe épaisse et verte entourée de motifs végétaux.

Mort pour la vie terrestre et humaine, il est prêt à renaître pour la vie imaginaire.

 

 

La schizophrénie, malgré les traitements modernes, demeure une affection grave.

Son pronostic doit toujours être réservé.

Le diagnostic posé, et ce n'est pas toujours facile, le malade doit être examiné par un spécialiste.

 

 

La Schizophrénie par l'image

ce billet n'a aucune prétention scientifique ou médicale. Pour le rédiger je me suis néanmoins servi d'une brochure d'un laboratoire pharmacologique édité en 1958. Certaines notions ne sont peut-être plus d'actualité.

 

La Schizophrénie par l'image
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Commenter cet article
T
À : "la réalité est niée et considérée par le malade comme imaginaire, et où l'imaginaire est vécu comme réalité."Je réponds :"Les psychiatriques sont des gens à qui on explique tout le temps qu’ils n’ont pas ce qu’ils ont et qu’ils ne voient pas ce qu’ils voient, alors ça finit par les rendre dingues."Je ne peux m'empêcher te souhaiter un joyeux noël et une belle année 2008.
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L
ils sont malheureusement encore d actualite.tres bel article
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M
merci la dingue  !!!
A
J'ai découvert tardivement cet article (voyeurisme primaire, je cherchais d'autre trucs sensass' comme les 7 choses machins ou la vidéo, que j'ai d'ailleurs bcp apprécié). Saisissant. Maintenant que mes vacances de pauvre petite lycéenne s'achèvent, je sais pas si je continuerais mes visites qui tiennent de l'addiction ;) mais ce genre d'article risque d'empêcher ma guérison lol
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