Publicité

Sade vu par

CHARLES BAUDELAIRE:

Publicité
Sade vu par

GUSTAVE FLAUBERT:

Sade vu par
Publicité

MAURICE HEINE:

Sade vu par

RAYMOND JEAN:

Sade vu par
Publicité

ROLAND BARTHES:

Sade vu par

ROBERT DESNOS:

Sade vu par

PHILIPPE SOLLERS:

Sade vu par

ANDRÉ PIEYRE DE MANDIARGUES:

Sade vu par

GEORGES BATAILLE:

Sade vu par

ALGERNON CHARLES SWINBURNE:

Sade vu par

Docteur EUGEN DUHREN:

Sade vu par

PIERRE KLOSSOWSKI:

Sade vu par

RENÉ CHAR:

Sade vu par

GUILLAUME APOLLINAIRE:

Sade vu par

MAURICE BLANCHOT:

Sade vu par

SIMONE DE BEAUVOIR:

Sade vu par

PAUL ELUARD:

Sade vu par

JEAN PAULHAN:

Sade vu par

OCTAVIO PAZ:

 

 

Afin que... les traces de ma tombe disparaissent de dessus la surface de la terre comme je me flatte que ma mémoire s'effacera de l'esprit des hommes...
 

(testament de Sade)

 

 

 

Tu n'as pas disparu
les lettres de ton nom sont toujours une cicatrice qui ne se ferme pas,
un tatouage d'infamie sur certains fronts.

 

Comète à la lourde queue phosphorée : raisons-obsessions, tu traverses le dix-neuvième siècle avec une grenade de vérité à la main et explose en arrivant dans notre époque.

 

Masque qui sourit sous un loup rose, fait de paupières de supplicié, vérité divisée en mille morceaux de feu, que veulent dire tous ces fragments gigantesques, cette manade d'icebergs qui appareillent depuis ta plume et en haute mer se dirigent vers des côtes sans nom, ces délicats instruments de chirurgie pour extirper le chancre de Dieu, ces hurlements qui interrompent tes majestueux raisonnements d'éléphant, ces répétitions atroces d'horlogerie décomposée, tout cet outillage de torture oxydé ?

 

L'érudit et le poète, le sage, le lettré, l'enamouré, le maniaque et celui qui rêve de l'abolition de notre sinistre réalité, se battent comme des chiens sur les restes de ton oeuvre.
 

Toi, qui étais contre tous, tu es maintenant un nom, un chef, un drapeau.

 

Penché sur la vie comme Saturne sur ses enfants tu parcours avec le regard fixe d'un amoureux les sillons calcinés que laissent la semence, le sang et la lave.
 

Les corps, face a face comme des astres féroces, sont faits de la même substance que les soleils.
Ce que nous appelons amour ou mort, liberté ou destin, ça ne s'appelle pas catastrophe, ça ne s'appelle pas hécatombe ?

 

Où sont les frontières entre spasme et, tremblement de terre Entre éruption et cohabitation?

 

Prisonnier dans ton château de cristal de roche tu traverses galeries, chambres, cachots, de vastes cours où la vie s'enroule sur des colonnes solaires,
de gracieux cimetières où dansent les peupliers immobiles.

 

Murs, objets, corps te répètent. Tout est miroir.
Ton image te poursuit.

 

L'homme est habité par le silence et le vide.
Comment étancher sa soif, comment peupler son vide ? comment échapper à mon image ? Dans l'autre je me nie, m'affirme, me répète,
seul son sang témoigne de mon existence,
Justine ne vit que pour Juliette,
les victimes engendrent les bourreaux
Le corps que nous sacrifions aujourd'hui
n'est-il pas le Dieu qui demain sacrifiera ?
L'imagination est l'aiguillon du désir
Son royaume est inépuisable et infini comme l'ennui,
Son envers et son jumeau.

 

Mort ou plaisir, inondation ou vomi
automne semblable à la chute des jours,
volcan ou sexe,
souffle, été qui incendie les récoltes, astres ou crocs,
chevelure pétrifiée de l'effroi,
écume rouge du désir, tuerie en haute mer,
roches bleues du délire,
formes, images, bulles, envie d'être,
éternités momentanées,
démesurées : ta mesure de l'homme: Ose.
Sois l'arc et la flèche, la corde et la douleur.
Le sommeil est explosif. Eclate. Redeviens soleil.
Dans ton château de diamant ton image se détruit et se refait, infatigable.

 

1947

 


 

GILBERT LELY

Sade vu par

 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article