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La Marquise de Sade

La Marquise de Sade
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La marquise de Sade incarne la foi aveugle, la tendresse que rien ne rebute, la parfaite illusion dans l'amour.
Il n'est pas de physionomie plus touchante. Pour tout le monde, son mari fut un monstre, mais non pour elle.

 

Flétri, Condamné, convaincu de vices et de crimes immondes, il demeura, à ses yeux qui ne se voulaient point désiller, l'époux à qui elle devait son affection sans bornes.
Elle n'eut point à faire effort pour oublier des turpitudes qui avaient causé le plus retentissant scandale : son coeur, qui ne se pouvait reprendre, une fois donné, ne permit pas à sa raison d'écouter la rumeur publique, de croire aux jugements, aux arrêts multipliés, aux constatations les plus précises.

 

Elle resta intangible dans sa constance. Elle fut naïvement héroïque par cette obstination à se refuser à douter de l'homme le plus décrié qui fût. « Aime les yeux fermés », dit le proverbe espagnol. Ce fut de cette façon qu'elle aima, malgré la plus abominable ingratitude.
Le dévouement jeta cette créature de bonté, magnifiquement aveugle, dans le romanesque, pour lequel elle n'était certes point faite.
Elle trouva dans son immuable affection la force et la ruse, que, sans doute, elle n'avait point soupçonnées en elle.

 

Elle affronta, toute passive qu'elle se put croire elle-même, les aventures exigeant le plus d'audace; et ce fut tout naturellement, sans qu'elle s'imaginait accomplir autre chose que son devoir.
 

Elle fut capable, quand le salut de son mari l'exigea, de résolutions téméraires.
Un grand nombre de ses lettres existent dans le riche dossier des archives de la Bastille, et c'est à l'Arsenal que je les ai trouvées.
Dans cette correspondance, sa foi irréductible apparaîtrait ingénue, si elle n'était si près du sublime.

 

Elle demeura occupée de son unique sentiment, dans une admirable indifférence aux modifications des évènements.
 

Le nom du marquis de Sade est odieux, bien que la légende lui ait trop prêté, comme il arrive toujours, finissant par le confondre avec les personnages de ses affreux romans.
 

Si le détestable éclat de ce nom pouvait être racheté, il le serait par la douceur, la tendresse, l'espèce de génie de sacrifice de celle qui eut à le subir.

 

(Paul Ginisty)

 

La Marquise de Sade


 

 

Si le mot de sadisme a une quelconque pertinence biographique, ce serait dans les rapports entretenus par Sade avec sa femme.

 

Le cas de Renée-Pélagie de Sade est original.

Discrète figure ayant déjà retenu par le passé l'attention des historiens, elle aimait passionnément son mari, sans que cette passion soit payée de retour.

 

Tout, de fait, sépare ceux dont l'union fut soigneusement préméditée par le père de Sade. Donatien appartient à une noblesse d'épée très ancienne mais impécunieuse ; Renée-Pélagie est une riche héritière d'aristocratie récente. Il est écrivain ; elle est une demi-illettrée plus encline aux «rabâchages» qu'aux traits de style.

 

Enfin, il est, d'après ses propres mots, «athée jusqu'au fanatisme», écrivant notamment : «L'idée de Dieu est le seul tort que je ne puisse pardonner à l'homme»; elle est une bonne chrétienne que les épreuves finiront par plonger dans la bigoterie. Jusqu'à quel point un libertin saurait-il souffrir une épouse ?... Forment-ils un couple ? «Non. Plutôt un alliage», écrit le biographe à propos d'une relation vouée à devenir essentiellement épistolaire. Et pourtant y eut-il un être qui compta autant, pour Sade, que Renée-Pélagie, femme au dévouement héroïque et sans borne dont l'existence, comme l'écrit Gilbert Lely, «était tout entière tendue vers la libération de son mari» ?

 

Tragique, l'union n'en était pas moins nécessaire. En témoigne, avant tout, une certaine économie du libertinage. Car la débauche a besoin d'un cadre pour exister, et ce cadre n'est autre que la structure maritale...

 

Thomas Regnier - Le Nouvel Observateur - à propos du livre de Gérard Badou "Renée Pélagie Marquise de Sade"

 

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La Marquise de Sade

 

Rares sont ceux qui savent que le marquis de Sade a été marié et que de ce mariage respectable ont vu le jour trois enfants. L'oubli n'est pas la moindre des infamies subies par celle qui partagea la vie de Donatien Alphonse de Sade de 1763 à 1790.

 

Racontée par Gérard Badou, la vie de Renée Pélagie de Montreuil est un véritable martyre. Cette jeune fille naïve et pieuse qui s'éprend tout de suite de «son charmant marquis au caractère de feu», et fait ce serment au soir de leurs noces : «Je ne cesserai jamais de t'adorer», va bientôt être entraînée dans un tourbillon de débauche et de stupre, devenant l'auxiliaire attitrée de ses vices...

 

Amélie de Bourbon - Le Point - pour le même livre

 

La Marquise de Sade

GERARD BADOU, auteur de "Renée Pélagie Marquise de Sade""

 

 

C'est généralement avec surprise et compassion que l'on découvre une épouse au marquis de Sade, Renée Pélagie. Le sort que l'auteur de Justine réserve à ses héroïnes laisse imaginer le pire quant à ce qu'elle a dû subir.
 

 

Et pourtant, si cinq mois à peine après son mariage Donatien est enfermé au donjon de Vincennes pour avoir malmené et séquestré une fille dans sa garçonnière, sa jeune femme ne lui exprime ni reproches ni rancoeur : « Je ne vis que pour toi, mon unique bonheur. ».Récidiviste du scandale, Sade va passer de longues années en prison, mais Renée Pélagie ne l'abandonnera pas, opposant une absolue mansuétude à ses exigences comme à ses sarcasmes.
 

 

Telle est bien la trame de cette singulière biographie :..l'histoire d'une passion qui entraîne la marquise dans de stupéfiantes épreuves. Elle va devoir comploter avec des fripouilles, suborner des prostituées et même se déguiser en homme pour tenter de faire évader son époux.

 

 

 

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On pense rarement au marquis de Sade comme à un séducteur. Et pourtant il sut inspirer à une femme, la sienne, une passion assez folle pour faire peu à peu d'une créature froide et dévote une esclave éblouie, complice de ses fureurs érotiques. Elle le défend, le protège, et entre si bien dans son jeu qu'elle finit par croire son « bon petit » persécuté par des gens aux façons de penser bizarres.
 

 

Sa personnalité paraît plus étrange que celle de son mari : si celui-ci reconnaît que sa « singularité dans les plaisirs » fait de lui un être à part, sa femme semble trouver naturelles les pires perversions. Ruinée, trahie, perdue de réputation, elle trouve son bonheur dans sa fierté d'être seule à comprendre un homme extraordinaire, et qui a besoin d'elle. Née vertueuse jusqu'à la niaiserie, comme Justine, un amour sublime lui a permis de tenir sans faiblesse son rôle d'héroïne dans ce roman noir que fut la vie conjugale du marquis et de la marquise de Sade.

 

Jeanine Delpech : "La Passion de la Marquise de Sade". Récit. Editions Planète.

 

 

 

 

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BIBLIOGRAPHIE

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