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Les Tarahumaras

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Les Tarahumaras

 

Antonin Artaud

et les Tarahumaras

Les Tarahumaras
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C'est en 1936, qu'Antonin Artaud quitte l'Europe pour aller « prospecter ce qu'il peut rester au Mexique d'un naturalisme en pleine magie, d'une sorte d'efficacité naturelle répandue çà et là dans la statuaire des temples, leurs formes, leurs hiéroglyphes, et surtout dans les sous-sols de la terre et dans les avenues encore mouvantes de l'air ».


Une fois sur place, il part en mission pour la Sierra Tarahumara, en gravit les pentes à cheval plusieurs jours de suite pour y rencontrer les Indiens des hautes terres, mangeurs de peyotl, et est admis à participer à leurs rites.
 

De retour à Paris, en 1937, il envoie à Jean Paulhan, pour La Nouvelle Revue Française, des extraits D'un voyage au pays des Tarahumaras, mais il veut que son nom disparaisse et que sa signature soit remplacée par trois étoiles.
Ceux qui le connaissent le reconnaîtront. Et, en effet, quelques-uns vont percer l'anonymat et deviner quel est l'auteur de ces pages étranges autant que belles.

 

En 1943, il est interné à Rodez. C'est là qu'Henri Parisot se mettra en rapport avec lui pour lui proposer de reprendre ce texte en librairie.


Fin 1943, Antonin Artaud écrira Le Rite du Peyotl chez les Tarahumaras, puis le Supplément au voyage.
 

Il décrira, sept ans après, la cérémonie rituelle comme s'il y avait assisté la veille, jetant ainsi un pont sur les années de silence auxquelles l'internement l'avait condamné.
 

Le 16 février 1948, quinze jours avant sa mort, jaillira le récit flamboyant de cet autre rite Tutuguri. Ainsi, la composition des Tarahumaras n'aura pas duré moins de douze années.

 

 

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Les Tarahumaras

Artaud n'avait jamais pu oublier son corps lacéré de vibrations continues et ne parvenait à se rassembler que par éclairs, grâce à l'opium.


Chez les Tarahumaras il se trouvait avec des hommes qui ne souffraient pas de leur corps et qui par conséquent pouvaient parvenir à l'oublier plus facilement.

 

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Les Tarahumaras
Les Tarahumaras

Artaud au centre de cette puissance, voit les pauvres tentatives de l'Occident qui s'enlise petit à petit dans son verbe flasque :

 

Artaud avait subi la haine à cause de sa solitude qui refusait de se soumettre à une loi, quelle qu'elle fut et qui ne voyait dans toute idéologie qu'une aliénation de sa liberté.
 

Il réalise, chez les Tarahumaras que la voie d'absolue liberté qu'il a suivie est la seule possible pour lui.
 

Artaud, le Grand Porc de l'Aube, dont la clairvoyance a toujours pénétré les choses et les êtres dans leur réalité profonde inquiète les Tarahumaras qui l'envoûtent :

 

 

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Les Tarahumaras
Les Tarahumaras

A Paris, Artaud était un Tarahumara descendu chez « les hommes qui se sont trompés ». Il s'arrêtait devant les portes des maisons et se mettait de profil avec un air de mépris souverain.


Qu'on lui donne ou qu'on ne lui donne pas, il se retirait toujours au bout du même laps de temps. Si on lui donnait, il ne disait pas merci.

Les Tarahumaras

 

 

Le rite du Peyotl

 

 

En partant chez les Tarahumaras, Artaud n'allait pas vers le Peyotl pour découvrir de nouvelles régions de son moi déjà saturé de réalités et de visions.

Les Tarahumaras

C'est donc par une rupture violente avec la drogue qu'Artaud commence sa montée vers les hauts plateaux de la Sierra Tarahumaras.


Il souffrira du manque de drogue pendant plusieurs jours et sa lente ascension se peuplera de tortures et de visions effrayantes.
 

Pour Artaud, les hallucinogènes ou l'opium ont toujours été des moyens de rassembler sa chair ouverte de mille cratères à vif.

 

 

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Les Tarahumaras
Les Tarahumaras

En participant avec les Indiens au rite du Ciguri, Artaud prend part à la bataille suivie par l'union des forces mâles (blanches) et femelles (rouges). Il vit l'encerclement lent et progressif de la Divinité du Peyotl qui inspire chaque geste des Indiens.


La force qu'Artaud trouve dans le rite de Ciguri est une puissance d'action en fonction de son être profond. Une puissance que rien ne peut contraindre.

 

 

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Les Tarahumaras

Le sorcier trace un cercle, un mandala primitif qui est à la fois une réduction de l'Univers et l'Espace sacré qui permet la communication des forces des différents niveaux cosmiques, régions sombres, terre, espace. Une fois placé dans ce cercle, forces du feu et barrières naturelles sont vaincues ; l'adepte pénètre au coeur de la Vérité.

 

 

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Les Tarahumaras
Les Tarahumaras

 

Les Tarahumaras
Les Tarahumaras

Artaud passe à travers les hommes, à travers l'espace et arrive finalement à lui-même. Les deux pôles, les deux puissances de la vie se sont retrouvées dans son être pur, les forces masculines et féminines ont achevé leur coït surnaturel par l'union de la chair et de l'esprit d'Artaud.

 

 

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Les Tarahumaras
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Moins de 3 ans avant sa mort, Artaud écrit à Henri Parisot pour rectifier certaines positions relatives au « Voyage au Pays des Tarahumaras. » :

 

Artaud en 1943

Les Tarahumaras
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Artaud en 1948

Artaud en 1948

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