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En 1922, Paul Klee peint une toile intitulée "Senecio" (Le Séneçon) et je me suis toujours demandé quel sens pouvait avoir ce titre désignant une plante (le séneçon, famille des astéracées, dont l'une des variétés, "senecio vulgaris", à fleurs jaunes, est communément appelée en français pissenlit), alors que le sujet de la toile est manifestement une figure humaine shématisée à l'extrême.
Je pense avoir trouvé un indice dans le "Robert Dictionnaire Historique de la Langue Française", je cite:
Séneçon est un emprunt au latin senecio, littéralement "petit vieillard", calque du grec hêrigerôn, littéralement "vieillard précoce", de hêri "de bonne heure, tôt" et gerôn "vieillard" (--> géronte).
C'est le nom d'une plante ainsi nommée à cause des poils blancs dont elle est couverte au printemps.
Le nom latin dérive de senex "vieux" et "vieillard" (--> seigneur, sénat, sénile).
Or on sait que Klee s'interessait à la botanique et collectionnait de nombreux specimen de plantes qu'il classait dans un herbier en indiquant le nom latin.
Il n'a donc pas pu passer à côté de l'étymologie du titre qu'il donnait à son tableau.
Paul Klee a-t-il vraiment voulu représenter la figure d'un "vieillard précoce", sénile avant l'heure ?
Si oui, comment ne pas rapprocher le "Senecio" de l'image d'un enfant atteint de Progeria (syndrome de vieillissement précoce) malgré la fait que cette affection ne soit pas connue en 1922.
Simple hypothèse compte tenu de la rareté de la maladie...
Une autre question se pose maintenant, quel sens donner à cette dernière toile signée Renée Bolinger ?
Nietzsche était-il sénile ?
Une chose est sure, c'est que depuis qu'il mange les pissenlits par la racine, il ne peut plus se défendre !
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