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Antigone

Antigone
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Tout le Monde connait (ou devrait connaitre) le mythe d'Antigone:


Fille d'Oedipe et de Jocaste, elle accompagna son père lorsque le malheureux, ayant appris le crime et l'inceste qu'il avait commis à son insu, s'exila après s'être crevé les yeux.

 

Après la mort de ses frères Etéocle et Polynice dans leur duel fratricide pour le pouvoir, son oncle Créon, devenu roi refuse qu'une sépulture doit donnée à Polynice car il avait combattu contre sa patrie.
 

Antigone brava l'interdiction car l'ensevelissement est un devoir sacré.
Nul ne peut s'opposer au dieux, pas même un roi.

 

Condamnée à être emmurée vivante, elle se pendit.

 

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Hegel parle d'elle comme « la plus noble figure qui soit apparue sur la terre. »

 


Sophocle en fit une pièce ,considérée comme la plus belle parmi les sept qui nous sont parvenues.

 

Elle est le type même de l'heroïne tragique et représente la révolte contre la tyrannie du pouvoir au nom du devoir religieux.

 

Voici quelques extraits du texte de sophocle:

 

PROLOGUE

ANTIGONE.

- Créon n'a-t-il pas décrété les honneurs de la sépulture pour l'un de nos frères, en les refusant indignement à l'autre ? On dit qu'il a enfermé Etéocle dans la terre, pour qu'il fût honoré des morts ; mais il a défendu aux citoyens de mettre au tombeau le misérable cadavre de Polynice mort et de le pleurer. Et on doit le livrer, non enseveli, non pleuré, en proie aux oiseaux carnassiers à qui cette pâture est agréable

 

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DEUXIÈME ÉPISODE

ANTIGONE.

- Veux-tu faire plus que me tuer, m'ayant prise ?

CRÉON.

- Rien de plus. Ayant ta vie, j'ai tout ce que je veux.


ANTIGONE.

- Que tardes-tu donc ? De toutes tes paroles aucune ne me plaît, ni ne saurait me plaire jamais, et, de même, aucune des miennes ne te plaît non plus. Pouvais-je souhaiter une gloire plus illustre que celle que je me suis acquise en mettant mon frère sous la terre ? Tous ceux-ci diraient que j'ai bien fait, si la terreur ne fermait leur bouche...

 

QUATRIÈME ÉPISODE, Strophe II.

ANTIGONE.

"Voyez-moi, ô citoyens de la terre de ma patrie, faisant mon dernier chemin et regardant le dernier éclat du jour pour ne plus jamais le regarder ! Hadès, qui ensevelit tout, m'emmène vivante vers l'Achéron, sans que j'aie connu les noces, sans que l'hymne nuptial m'ait chantée, car j'épouserai l'Achéron."

 

Antigone

Elle inspira Jean Anouilh dans une de ses meilleures pièces

Antigone

Antigone devient alors la personnication de la révolte absolue, révolte qui n'a pas besoin d'alibi et surtout pas idéologique.

Antigone est "un cri".


Elle fut toutefois écrite dans des circonstances historiques précises:

 

"L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai ré-écrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre. "

(Jean Anouilh)

 

 

 

 

Quelques extraits: 

 

Antigone

ANTIGONE

"Comprendre... Vous n'avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu'on ne peut pas toucher à l'eau, à la belle eau fuyante et froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu'on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu'on a dans ses poches au mendiant qu'on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu'à ce qu'on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant."

Antigone

CRÉON
Un matin, je me suis réveillé roi de Thèbes. Et Dieu sait si j'aimais autre chose dans la vie que d'être puissant...
ANTIGONE
Il fallait dire non, alors !
CRÉON
Je le pouvais. Seulement, je me suis senti tout d'un coup comme un ouvrier qui refusait un ouvrage. Cela ne m'a pas paru honnête. J'ai dit oui.
ANTIGONE
Eh bien, tant pis pour vous. Moi, je n'ai pas dit « oui » ! Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse, à moi, votre politique, votre nécessité, vos pauvres histoires ? Moi, je peux dire « non» encore à tout ce que je n'aime pas et je suis seul juge. Et vous, avec votre couronne, avec vos gardes, avec votre attirail, vous pouvez seulement me faire mourir parce que vous avez dit « oui ».

 

Antigone

ANTIGONE
"Vous me dégoutez tous avec votre bonheur! Avec votre vie qu'il faut aimer coûte que coûte. On dirait des chiens qui lèchent tout ce qu'ils trouvent. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'est pas trop exigeant. Moi, je veux tout, tout de suite, - et que ce soit entier - ou alors je refuse! Je ne veux pas être modeste, moi, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage. Je veux être sure de tout aujourd'hui et que cela soit aussi beau que quand j'étais petite - ou mourrir."

 

Antigone

ANTIGONE
Comme mon père, oui ! Nous sommes de ceux qui posent les questions jusqu'au bout. Jusqu'à ce qu'il ne reste vraiment plus la petite chance d'espoir vivante, la plus petite chance d'espoir à étrangler. Nous sommes de ceux qui lui sautent dessus quand ils le rencontrent, votre espoir, votre cher espoir, votre sale espoir !

 

Antigone

ANTIGONE
Oui, je suis laide ! C'est ignoble, n'est-ce pas, ces cris, ces sursauts, cette lutte de chiffonniers. Papa n'est devenu beau qu'après, quand il a été bien sûr, enfin, qu'il avait tué son père, que c'était bien avec sa mère qu'il avait couché, et que rien, plus rien, ne pouvait le sauver. Alors, il s'est calmé tout d'un coup, il a eu comme un sourire, et il est devenu beau. C'était fini. Il n'a plus eu qu'à fermer les yeux pour ne plus vous voir ! Ah ! vos têtes, vos pauvres têtes de candidats au bonheur ! C'est vous qui êtes laids, même les plus beaux. Vous avez tous quelque chose de laid au coin de l'oeil ou de la bouche.

 

Antigone

Je ne vous devoile pas la fin, je ne voudrais pas gacher votre plaisir à découvrir cette pièce..

 

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T
"à travers une composition très libre, une verve étincelante et une somme de situations diversifiées à souhait, pleines d'imprévus, de quiproquos, de bouffonneries, l'auteur sait l'art de faire jaillir la vérité humaine. Et cette vérité est le plus souvent pessimiste, car elle tend à prouver l'impossibilité d'abolir les flétrissures; elle devient un réquisitoire contre une société sans âme, hypocrite et corrompue, qui ne cesse, tel un nouveau minotaure, de dévorer  la jeunesse, si intransigeante et farouche que soit celle-ci, et de porter atteinte, systématiquement, à la pureté des êtres."Satané Minotaure. Jamais rassassié.
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J
 <br /> Belle figure en effet, Antigone reste le symbole de la résistance à la loi injuste.
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J
Figure-toi qu'après avoir lu cet article sur ton blog, j'ai repensé longuement à un ancien élève dont l'histoire tragique a été révélée, par hasard, à l'occasion de la lecture d'une scène d'Antigone de Anouilh.<br /> J'en profite pour mettre le lien du texte qu'il m'a inspiré: http://autrui.over-blog.com/article-5626679-6.html#anchorComment
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K
magnifique, évidemment magnifique
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M
merci Khalia !
A
Mais mais mais ... Qu'est ce que je fais chez toi !!!<br /> Ah ! L'Antigone d'Anouilh ! De relire ces extraits que je connais pas coeur (non, j'exagère un peu !), ça me donne toujours des frissons !!!
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M
tu es chez toi, Antigone ! :0036: