Théophile-Alexandre Steinlen

Pieter Dupont, Portrait de T.A. Steinlen (1901), gravure
Théophile-Alexandre Steinlen, né à Lausanne le 20 novembre 1859 et mort à Paris le 14 décembre 1923, est un artiste anarchiste, peintre, graveur, illustrateur, affichiste et sculpteur suisse, naturalisé français en 1901.

Théophile-Alexandre Steinlen étudie la théologie à l'Université de Lausanne pendant deux années, puis, en 1879, se tourne vers l'art, suivant une formation au dessin d'ornement industriel à Mulhouse, chez Schoenhaupt, avant de s'installer à Paris avec sa femme Émilie en 1881.

En 1882, il est introduit dans le cercle du Chat Noir, le célèbre cabaret parisien de Rodolphe Salis.
Il y fréquente Henri de Toulouse-Lautrec et Aristide Bruant entre autres.
A la demande de Salis, il réalise quelques dessins de chats pour décorer le cabaret.
Il collabore aux journaux Le Chat Noir et le Mirliton et illustre des chansons, parmi lesquelles celles d'Aristide Bruant.

Il illustre également des ouvrages littéraires et collabore à divers journaux humoristiques tels que Gil Blas illustré, L'Assiette au Beurre, Le Rire et Les Humoristes, qu’il fonde en 1911 avec Jean-Louis Forain et Charles Léandre.

Mais ce sont surtout ses affiches, comme celle de la tournée du Chat noir, mondialement connue, qui sont à l’origine de sa popularité, ainsi que la sculpture, qu’il utilisa pour la représentation de ses chats, comme son « Chat angora assis ».

La période 1891-1899 est une période très créative pour Steinlen (affiches pour Yvette Guilbert et Le Chat Noir).
L'influence de Toulouse-Lautrec est visible mais il développe néanmoins un style très personnel.
En 1894, il expose pour la première fois à la Bodinière.

Steinlen est proche des communistes, des anarchistes, des socialistes, et il témoigne en dénonçant la misère, l'exploitation des ouvriers par les patrons, la violence, à travers des illustrations et des affiches.
C'est au cabaret du Chat Noir qu'il a rencontré Léon Gerault-Richard, qui l'amène à s'engager politiquement.
Celui-ci crée "Le chambard socialiste", auquel Steinlen collabore régulièrement. Il collabore aussi à "L'assiette au beurre".

En 1900, "L'Assommoir" rapproche Steinlen et Zola. Entre 1913 et 1919, Steinlen produit 17 affiches de guerre dénonçant la misère insoutenable des soldats et des civils.
Il est mort à Paris en 1923 et inhumé au cimetière Saint Vincent de Montmartre (14e division)
Tout au long de sa carrière de peintre et d'illustrateur, Steinlen, passionné par les chats, n'a jamais cessé de peindre les petits félins.