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Dante Alighieri - Le Purgatoire

 

 

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Dante Alighieri - Le Purgatoire

Chant I

 

À l'aube fraîche, baignée de rosée, du dimanche de Pâques de l'an 1300, Dante et Virgile, parvenus à la surface de l'hémisphère austral, retrouvent l'air libre. Un cri de joie échappe à Dante à la vue du ciel bleu où resplendissent la planète Vénus et quatre étoiles, et de la mer frissonnante aux premières lueurs du matin. Ils sont sur la plage de l'île du purgatoire, au pied d’une montagne escarpée, striée de sept corniches aux courbes de plus en plus sensibles.

 

Chant II

 

Dans ce qui est l'antépurgatoire, sur une nacelle guidée par un ange, arrivent de la pleine mer des âmes repenties et ravies, qui descendent sur la plage et s'apprêtent à accueillir l'expiation et le salut. Parmi elles, Dante reconnaît son ami, Casella qui, à sa prière, se met à chanter. À ce chant toutes les âmes sont transportées de bonheur. Apparaît Caton d'Utique, le gardien du purgatoire, qui colloque avec Virgile. Après de sévères pourparlers, il leur donne la permission de gravir la montagne. Dante se purifie au préalable car pureté et humilité sont les clés de la voie à suivre.

 

Chant III

 

Les deux poètes arrivent au pied de la montagne. Mais, sur la plage, avant que de monter, ils assistent à l'arrivée d'un convoi d'âmes « réconciliées » : à travers tous les océans qui ceignent la terre, un ange, qui les a prises à l'embouchure du Tibre, où elles se rassemblent, les a amenées en sa nef jusqu'à l'île. Une fois débarquées, les unes sont admises d'emblée à gravir la montagne ; les autres, celles de morts sans sacrements ou de gens qui vécurent en état d'excommunication, mais repentis in extremis, sont maintenues en quarantaine sur la plage, « trente fois plus de temps qu'elles ne sont restées dans leur impénitence ». Parmi ellles se trouve celle du roi Manfred.

 

Chant IV

 

Cependant, les poètes commencent l'ascension, rude et lente, de la montagne qui est escarpée, coupée d'à-pics et de terrasses. Un arrêt a lieu sur la première où attendent les négligents qui ne cessèrent de remettre à plus tard le soin de leur salut, qui ne se sont tournés vers Dieu qu'à la dernière heure. Parmi eux, Belacqua.

 

Waterhouse - Dante et Beatrice

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Chant V

 

L’ascension est reprise. Sur la seconde assise de la montagne, apparaît une nouvelle bande de négligents, ceux qu'a surpris une mort violente et qui bénéficient d'un repentir in extremis. Parmi eux, Jacopo del Cassero, Buonconte de Montefeltro, et Pia, femme amoureuse qui n'a que des mots de douceur et de pardon pour un cruel mari.

 

Chant VI

 

Toujours sur la seconde assise de la montagne, se presse autour de Dante une foule de négligents : Benincasa de Laterina, Guccio de Tarlati, Frédéric Novello, Farinata Marzucco, le comte Orso, Pierre de Brosse. Virgile rencontre Sordello, originaire comme lui de Mantoue, qui, en entendant nommer sa terre natale, embrasse son concitoyen. Cette scène arrache à Dante une violente invective contre « la serve Italie », mal gouvernée, déchirée par les égoïsmes, les haines, les intérêts matériels, contre l'empire et contre la papauté.

 

Chant VII

 

Les voyageurs arrivent dans la vallée des princes négligents, que le souci de leur puissance ou de leur gloire a détournés de la voie spirituelle et qui demandent que les autres prient pour eux. Parmi eux : l'empereur Rodolphe de Habsbourg, les rois Ottokar de Bohème, Philippe III le Hardi de France, Henri Ier de Navarre, Charles Ier de Naples, Pierre III d’Aragon et ses fils, Henri III d’Angleterre, le marquis Guillaume de Montferrat.

 

Chant VIII

 

Les âmes se livrent à la prière du soir. Descendent leurs gardiens, qui sont deux anges. Dante s’entretient avec Ugolino Visconti. Les anges mettent en fuite un serpent. Conrad Malaspina fait à Dante une prédiction.

 

The Salutation of Beatrice

The Salutation of Beatrice

Chant IX

 

Tandis que dans le ciel commencent à poindre les étoiles des trois vertus théologales, Dante s'endort sous la protection des anges descendus du ciel, et, dans son rêve, il est transporté au-delà de la sphère de feu. À son réveil, le lendemain matin, il se trouve, avec Virgile, transporté par miracle à la porte même du purgatoire. Sa patronne préférée, sainte Lucie, avant l'aube est venue, l'a pris dans ses bras et l'y a déposé. Un ange, qui tient ici la place de saint Pierre, leur ouvre l'huis, après avoir, de son épée, gravé sept P sur le front du poète. Ces sept P sont l’initiale du mot « péché » et désignent les sept péchés capitaux : à la sortie de chacune des sept corniches, l'ange qui permet l'accès du gradin supérieur effacera du front de Dante le P correspondant au péché qu'on y voit expier.

 

Chant X

 

Sur la première corniche du purgatoire, dont la paroi est sculptée d’exemples d’humilité tandis que le dallage présente des exemples d’orgueil puni, les orgueilleux ploient sous le poids d’énormes blocs de pierre, marchent courbés et recroquevillés, sur une chaussée pavée de mosaïques, représentant de fameux traits d'orgueil. Une apostrophe est lancée à l’orgueil humain.

 

Chant XI

 

Toujours sur la première corniche, les orgueilleux disent le "Pater noster". Les voyageurs rencontrent Umberto Aldobrandeschi, Oderisi de Gubbio, Provenzan Salvani.

 

Chant XII

 

D’autres exemples d’orgueil puni sont figurés sur le dallage de la première corniche. Apparaît l’ange de l’humilité. « Il me frappa de l'aile sur le front » dit Dante, pour en effacer le premier P, celui de l'orgueil.

 

 

Luca Signorelli - Portrait de Dante Alighieri  (1485-90)

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Chant XIII

 

Sur la deuxième corniche, où des exemples de charité et des exemples d’envie punie sont criés dans l’air par des voix mystérieuses, les envieux sont revêtus d’un douloureux cilice et se soutiennent les uns les autres car ils ont les paupières cousue de fil de fer. Parmi eux, Sapia, la Siennoise.

 

Chant XIV

 

Toujours sur la deuxième corniche, les voyageurs rencontrent Guido del Duca et Rinieri de Calboli qui considèrent que les habitants de la vallée de l'Arno sont envieux aussi, et déplorent la disparition des vertus chevaleresques de leur Romagne natale. Des exemples d’envie punie sont encore criés dans l’air par des voix mystérieuses.

 

Chant XV

 

Entre la deuxième et la troisième corniches, les deux voyageurs sont invités à monter par l’ange de la miséricorde. Virgile fait un commentaire sur le partage des biens terrestres et des biens célestes.
Sur la troisième corniche, les colériques sont constamment aveuglés par une épaisse fumée âcre et noire où ils voient apparaître des visions extatiques de douceur et des images de démence sauvage.

 

Chant XVI

 

Les colériques font une prière. L’un d’eux, Marc le Lombard, révèle à Dante les causes religieuses et politiques de la corruption du monde : elle n'est pas due à la nature de l’être humain, qui est foncièrement bonne, mais au manque de force morale qui est seule capable de le soutenir et de le guider.

 

1841 Dante Ganriele Rossetti, Dante apprend la mort de Béatrice

 

Chant XVII


 
Après de dernières visions d’exemples de colère, les voyageurs passent de la troisième à la quatrième corniches. Ils font une halte au seuil de la corniche des paresseux, et Virgile expose à Dante la théorie de l’amour, conçu comme principe et cause de tous les vices et de toutes les vertus. Est expliquée la répartition des pécheurs au purgatoire.

 

Chant XVIII

 

Virgile continue sa théorie de l’amour, établit les limites du libre arbitre et de la responsabilité humaine.
Sur la quatrième corniche, les paresseux sont contraints à une course sans trêve, tout en se lançant les uns aux autres des traits de zèle et des exemples de paresse. Parmi eux, Gherardo, abbé de Saint-Zénon. Sont donnés des exemples de paresse punie.

 

Chant XIX

 

Toujours sur la quatrième corniche, Dante fait un songe que Virgile lui interprète comme symbolisant la triple incontinence : avarice, gourmandise et luxure.
La cinquième corniche est occupée par les avares et les prodigues. Les avares, aplatis la face contre terre, rappellent durant le jour des modèles de noble pauvreté et, durant la nuit, maudissent les avares célèbres. Les deux voyageurs rencontrent le pape Adrien V qui reconnaît que, parvenu au sommet des honneurs, « son cœur n’avait point trouvé apaisement ».

 

Chant XX

 

Sur la cinquième corniche, se trouve aussi Hugues Capet qui, après avoir conté les origines de sa famille et les sombres exploits de ses descendants, depuis Charles d'Anjou jusqu'à Charles de Valois et Philippe le Bel, éprouve alors au fond de son âme, comme un ordre nécessaire et impératif, les droits de la justice, et en demande à Dieu la claire vision. Un tremblement de terre impressionne Dante.

 

 

Chant XXI

 

Encore sur la cinquième corniche, un esprit rejoint les voyageurs et leur explique la cause du tremblement de terre : il a lieu chaque fois qu’une âme purifiée est délivrée. Virgile reconnaît en cet esprit le poète latin Stace.

 

Chant XXII

 

Stace fait le récit de sa vie : ses péchés et sa conversion. Il apprend à Virgile que les poètes et les héroïnes antiques habitent les limbes.
Sur la sixième corniche, qui est celle des gourmands, se dresse l'arbre de la tentation. Soumis au supplice de Tantale, ils entendent des voix mystérieuses qui glorifient la tempérance, ou qui flagellent la voracité.

 

Chant XXIII

 

Parmi les gourmands, qui sont réduits à l'état de cadavres, gît Forese Donati, le compagnon de ripaille et de débauche de Dante. Heureux de se retrouver, ils évoquent leur commun passé, tandis que les souvenirs familiaux surgissent, doux, tendres, et que, sur leurs lèvres résonnent les noms de ces êtres purs qu’ils ont adorés et admirés avec la meilleure partie de leur  âme. Forese exalte son épouse, laquelle pria pour lui, et lance une invective contre les impudiques femmes de Florence, en prophétisant la fin malheureuse de Corso Donati.

 

Chant XXIV

 

Sur la sixième corniche, parmi les gourmands, se trouve le pape Martin IV. Dante retrouve Bonagiunta de Lucques, et ils échangent des propos sur « le dolce stil nuovo ». Forese Donati prédit la mort de Corso Donati. Apparaît un second arbre de la tentation. Des exemples de gourmandise punie sont donnés. Les gourmands sont surveillés par l’ange de la tempérance.

1853 Andrea Pierini Rencontre entre Dante et Beatrice au Purgatoire

1853 Andrea Pierini Rencontre entre Dante et Beatrice au Purgatoire

Chant XXV

 

Entre la sixième et la septième corniches, Virgile fait un exposé sur le processus de formation du corps, sur la création de l'âme raisonnable, sur son infusion au corps du fœtus, sur son activité après la mort sur la formation des « ombres ».
La septième corniche voit les luxurieux brûler à travers un mur de flammes purifiantes et font alterner en paroles les exemples de débauche et de chasteté

 

Chant XXVI

 

Les luxurieux sont séparés en deux troupes : celle de ceux qui ont violé la loi naturelle (par l’inversion sexuelle) et celle de ceux qui l'ont excédée ou pervertie (par la subtilité intellectuelle). Parmi ces derniers : le poète Guido Guinizelli et le troubadour Arnaut Daniel.

 

Chant XXVII

 

Sur la septième corniche apparaît l'ange de la chasteté qui annonce que, pour aller plus loin, il faut traverser le mur de flammes. Dante hésite, effrayé, puis s'y engage après que Virgile eût évoqué Béatrice. Les trois poètes traversent le brasier. De l’autre côté, à la tombée du jour, ils sont accueillis par l'ange du paradis terrestre. Ils s'endorment, et Dante fait un songe où lui apparaissent deux sœurs, Lia et Rachel, l’une qui se pare, l’autre qui ne fait que se contempler. Au lever du soleil apparaît le paysage idyllique du paradis terrestre. Virgile donne à Dante, purgé désormais de toute inclination mauvaise et seigneur de son libre arbitre, toute licence de s’y promener à son gré. Puis il lui adresse un solennel congé.

 

Chant XXVIII

 

Dante s’avance vers la rivière de Léthé. Sur l'autre rive, Mathilde chante et cueille des fleurs. Elle lui explique la nature du paradis terrestre.

 

Chant XXIX

 

La forêt s'éclaire soudain tandis que débouche une procession mystique, en forme de croix, qui se déploie dans une atmosphère vibrante de lumière, frissonnante de mélodies et de chants. Défilent sept candélabres, vingt-quatre vieillards, quatre animaux ailés, sept vertus, le char triomphal de l’Église traîné par un griffon, trois dames à droite et quatre à gauche et sept derniers vieillards.

 

Chant XXX

 

À l’arrêt du char, dans un nuage de fleurs, Béatrice, voilée de blanc, ceinte d'une branche d'olivier, portant un manteau vert et une robe flamboyante, vient se poser sur le char de l'Église, faisant une glorieuse apparition devant le poète qui la reconnaît et est en proie à une émotion intense. Se rappelant les années heureuses de sa jeunesse, mais enrichi d'une expérience nouvelle, il se reprend d'amour pour la beauté spirituelle de Béatrice, car elle est le reflet lointain du verbe de Dieu créateur. Tandis que Virgile disparaît, Béatrice fait des reproches à Dante pour ses infidélités et ses fautes, prenant les anges à témoin. Maternelle et charitable, elle lui rappelle ses promesses d'une vie nouvelle ; les errements qu'il connut n'ont rien effacé de ces promesses ; en lui s'est conservée la possibilité d'une existence divine, et celle-ci sera réalisée.

 

Chant XXXI

 

Béatrice continue ses reproches poignants. Dante fait de douloureux aveux, et regrette sincèrement le temps gaspillé. Il s'évanouit. Mathilde le plonge dans le Léthé, le fleuve de l’oubli, dont il sort ressuscité dans la grâce, pour entrer dans la cité de Dieu. Les quatre vertus cardinales lui permettent, avec l'aide des trois vertus théologales, d’obtenir le pardon de Béatrice et de contempler un deuxième aspect de sa beauté, la beauté de l'être spirituel en état de grâce et par conséquent « resplendissant » d'une vivante et éternelle lumière.

 

Chant XXXII

 

La procession mystique s’ébranle à nouveau, s'en retournant vers l'est, par là où elle est arrivée. Puis elle s'arrête auprès de l'arbre de la vie spirituelle, dont les frondaisons vont s'élargissant dans le ciel, et qui, parce qu’il avait été rendu stérile par la désobéissance d'Adam, est régénéré par le griffon qui y fixe, branches contre branches, la croix qui est Ie timon du char de l’Église. Aussitôt, l’arbre refleurit, prenant la couleur de l'améthyste ou couleur de la charité. Dante, s'endormant, fait un songe. À son réveil, il voit le griffon remonter au ciel, tandis que Béatrice demeure pour garder le char de l'Église qui se transforme en monstre et sur lequel apparaît une courtisane qui s'unit à un géant. Mais la providence divine veille et bientôt l'ordre est rétabli ; la cupidité qui a brisé « le vase sacré » de l’Église chrétienne est punie en la personne du coupable.

Dante Gabrielle Rossetti Beata Beatrix (1864), The Salutation of Beatrice (1869)

Dante Gabrielle Rossetti Beata Beatrix (1864), The Salutation of Beatrice (1869)

Chant XXXIII

 

Béatrice, qui éprouve une sympathie amoureuse à l’égard de Dante, lui fait des avertissements, lui explique les symboles des vicissitudes du char et de l’arbre (la courtisane est la curie romaine, le géant est Philippe le Bel), lui fait la mystérieuse prophétie d’« un Cinq Cent Dix et Cinq», un messager de Dieu grâce auquel l'esprit de charité triomphera dans l'Église et la justice dans la cité terrestre. En compagnie de Stace, Dante boit alors l'eau de l'Eunoé, le fleuve de mémoire, et, ressuscité en esprit, il se retrouve « purifié et prêt à monter aux étoiles ».

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