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Luboš Plný
Le Domaine de l'Art Brut s'élargit: s'il ne concernait au début de sa création par Jean Dubuffet qu'une minorité d'individus isolés et peu enclin à diffuser leur production qu'ils ne consideraient comme oeuvre d'art, les artistes de l'Art Brut contemporains ont, semble-t-il, plus d'ambition et se sentent mieux intégré à notre monde réel de l'Art institutionnel. Ils ne dédaignent pas, en tout début de carrière, un titre dans la presse, une page sur le net, voire une exposition personnelle, et l'on semble assister à une course à la popularité qui n'était pas de mise à l'époque des Chaissac, Aloïse, Carlo, Wolfli, Muller, Lesage etc...
Mon propos n'est pas de dénier quelque valeur artistique à tel ou tel nouvel artiste, mais au risque de blesser les nouveaux arrivant sur la scène de l'Art Brut, force est de constater que cette forme d'art est devenu le "fourre-tout" de la singularité et que l'Art Brut initial a perdu les qualités a-sociales, a-intellectuelles, a-institutionnelles qui le caractérisait. Là ou les premiers tenant de cette catégorie d'artistes se cachaient timidement derrière les paravents de leur singularité psychologique, on se presse maintenant à la porte de l' Art Brut comme on le ferait pour le dernier artiste en vogue.
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Un des derniers né de cette génération se nomme .
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Né en 1961 à Ceskâ Lipa (République tchèque), à cinq ans dessine des corps humains qu'il dote d'organes d'animaux.
Fasciné par la décomposition, il pratique la dissection, assiste à des autopsies et passe le diplôme de fossoyeur, après un apprentissage d'électromécanicien.
Insomniaque, diagnostiqué schizophrène, il fait mille petits métiers et devient finalement, en 1989, modèle à l'Académie des beaux-arts de Prague - à défaut de parvenir à y entrer comme étudiant - d’où le tampon avec lequel il « signe » toutes ses oeuvres « Luboš Plný, modèle académique ».
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Il dessine toujours - à l'encre de Chine et à l'acrylique, parfois avec du sang.
Il colle parfois des photographies, poils, cheveux, dents, morceaux de peau, cendres issues des crémations de ses parents...
Il note également sur ses dessins les jours et le nombre d’heures passés à y travailler.
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Luboš Plný a fait l’objet d’une exposition au Japon en 2012 au Hiroshima City Museum of Contemporary Art et au Hyogo Prefectural Museum of Art de Kobe.